L'OBJET DE L'ENSEIGNEMENT CATÉCHÉTIQUE
et cet art dhinatoire qui était si intimefflent lié à Tido* latrie ^ C'était un chapitre très^tudié dans cette mo-> raie aussi pratique qu^elle était élevée. Elle flétrissait également le mensonge qui en introduisant dans rhomme Tesprit de fraude le conduit à tontes les tromperies du vol ^.
Les devoirs de Thomme envers Dieu qui se rapportent à la piété proprement dite étaient abordés dans lès préceptes suivants : c Sois plein de douceur, car les débonnaires hériteront la terre; sois patient, ami de la paix, pur de eœur ; ne t'élève point, ne marche point avec les orguefRieni, mais avec les justes et les humbles. Accepte comme un bien tout ce qui t' arrive, car rien n*arrire sans Dieu '. » Le respect et Tamour qui sont dus aux pasteurs de FEglise étaient Tivement recommandés. Les conseils de saint Paul à ce sujet étaient commentés avec soin : « Honore-les de la ^eur de ton travail et du labeur de tes mains*. » Le devoir d'éviter les divisions et les schismes n'est pas oublié dans ce temps d'hérésies innombrables ^. Ce qui est surtout admirable dans cet enseignement moral, c'est le sentiment profond de l'égalité entre les hommes fondée par FEvangile ; elle est placée sous la sauvegarde de la charité chrétienne. « Evite toute acception de personne quand tu as un blàme à adresser, car auprès de Dieu ni richesse, ni dignité, ni beauté ne sont d'aucune valeur, tous sont égaux devant
* Const. Egypt., I, 8.
« Id,, l, 9.
* Id., I, 10.
» Id., 1, 11.
L'OUR K LINSeiGlfKIICfr CATÉCHÉTIQOB. 45
loi'. « Le ciirétieii ne d(dt se soutenir des inégalités de la lie sociale qne poor les foire disparaître ! « ITaie point la main largement onrerte pour recerotr, et fermée ponr donner. Ne te détourne pas da nécessiteux mais partage aree lui tout ce que tu possèdes. Si vous mettet en eommun les choses étemelles, comment n*en agiriez-Toas pas de même pour les choses périssables?* » C'est ainri que dans V Eglise chrétienne et au foyer des fnnilles se préparait la grande réforme destinée à abolir tous les injustes privilèges et les choquantes inégalités. La sanction de cette morale si haute et tout ensemble si pratique se trouvait dans cette parole des apétres qui avait été comme leur mot d^ordre : « Le jour du Seigneur est proche qui anéantira tout ce qui est visible, n vient et il rendra à chacun selon son œuvre*. » Le catéchiste se contentait de poser ces principes de la vie nouvelle, et pour bien montrer à son disciple qu'il ne le sonmettait pas au joug d'un code ou d'un rituel, il le ren* voyait aux saintes Ecritures et à sa conscience , lui laissant le soin de tirer lui-même les conséquences de son enseignement. Il le traitait comme un afianchi de Christ qui n'a nul besoin désormais d'une direction étrangère : « Soyez, disait il, vos propres conseillers et vos propres maîtres *. » Bien ne marquait mieux l'inauguration de la loi de la liberté inscrite dans les cœurs, si profondément distincte de la loi de la lettre gravée sur la pierre.
* 'b6TiQ<; IvA irivxedv xap*aÔT(J. {Const, Egypte, \, 11.) « Id., I, 11.
» /rf., I. i*.