L'OBJET DE L'ENSEIGNEMENT CATËCHÉTTQUE
nation du Fils unique et de son œuYre rédemptrice qui a pour but la rémission des péchés, Tillumination des esprits et la purification des cœurs * . L'action vivifiante du Saint-Esprit se rattachait de la manière la plus naturelle à l'exposition des conséquences régénératrices du salut. Elle conduisait à l'enseignement de la morale chrétienne proprement dite. Nous en trouvons un exposé trè&-complet dans l'introduction des Constitutions coptes '. C'est incontestablement l'une des parties les plus belles de l'instruction catéchétique telle qu'elle se donnait à Alexandrie. C'était bien la grande morale de l'Evangile qui ne ressemble en rien à une casuistique timorée.
Il est facile de reconnaître dians notre document que le Décalogue formait le cadre de cet enseignement moral, mais il était singulièrement élargi et spiritualisé. Tout d'abord la morale entière était ramenée à l'unité d'un principe dominant, celui de l'amour. Ce que la loi mosaïque donnait comme son résumé et son couronnement était posé comme la base. « Il faut choisir entre la voie de la mort et celle de la vie. La vie est dans l'amour '. » Le grand commandement du Deutéronome^ qui ne sépare pas l'amour que nous devons à Dieu de celui que réclame notre prochain, inaugurait les préceptes particuliers et leur servait deUen. Ces divers préceptes n'étaient pas simplement formulés; ils étaient illuminés
* Contt apost,, lib. VII, 89.
« Const Egypt,, 1, 1-13.
• 'OSot 56o sfei, [Aia Ttiç IJwtiç xal ^iof. tou ÔavaTOu • ifj 68bç tïJ!; Çwîjç èoTtv a&nj • dr^îî^etÇ* {ConsU EccL Egypte I, 2.)
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par U psjchcdogie profonde de TE^aDgile qai remonte an principe intérieor da mal. Le meurtre est déjà en germe dans le moaToment de haine on d'envie que nul œil humain n'a discerné. L'adultère a commencé avec le mauTais désir. La colère et la volupté sont deux démons terribles qui à Tenvi s'emparent de r&me« l'empêchent de contempler la vérité et s'y établissent comme dans la maison parée et ornée de la parabole. De leur union fatale résulte la perdition ^ Ne sont-ils pas, en effet, les deux pôles de l'égoisme, qui est aussi coupable quand il traite le prochain comme un vil instrument de plaisir que quand il le supprime comme un obstacle? Ces deux pu&sances démoniaques étaient la malédiction du vieux monde piûfen et s'y manifestaient sous des formes hideuses que le moraliste chrétien signale avec une singulière hardiesse à l'exemple de saint Paul ^. Il donne une grande importance aux péchés de la parole^ parce qu'il sait que, selon l'expression biblique, elle allume dans les cœurs une grande flamme de colère et de mauvaises passions. La parole chrétienne doit être douce autant que pure : « Ne dis pas de mauvaises paroles contre ton prochain; ne hais aucun homme, défends les uns, aie pitié des autres, prie pour eux et aime-les plus que ton âme. Evite les propos honteux qui enfantent Tadultère'. »
Le catéchiste devait naturellement insister sur les incantations, les sortilèges, les explications des songes
* Const. Egypt., I, 4 et 6.
» Id,, I, 9, 7.