‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 11 sur 236 · L'OBJET DE L'ENSEIGNEMENT GATÉCHÊTIQUE · texte numérisé non relu

L'OBJET DE L'ENSEIGNEMENT GATÉCHÊTIQUE

L'enseignement des catéchumènes recevait plus ou moins de déyeloppement selon les pays et les circonstances. Il est certain qu*il n'était pas le même dans une Eglise de campagne et dans une Eglise de ville, et qu'il était bien moins scientifique à Home qu'à Alexandrie. C'est dans cette dernière ville qu'il fut porté au plus haut degré de la culture scientifique ; il devint une véritable école d'apologétique où l'on ne se contentait pas d'exposer les doctrines chrétiennes, mais où Ton cherchait à en montrer le lien avec les besoins de la pensée et à les concilier avec les meilleures aspirations de l'ancien monde. On comprend toute l'importance que l'Eglise attachait à l'instruction de ses catéchumènes, quand on voit des maîtres tels que Clément et Origène en être chargés et s'honorer de porter le nom de catéchistes. L'exemple d'Origène qui a présidé à cet enseignement longtemps avant d'avoir été revêtu d'une charge ecclésiastique confirme la disposition si remarquable des Constitutions apostoliques^ d'après laquelle les laïques pouvaient être appelés à cette grande vocation * . L'ancienne Eglise donnait beaucoup plus d'importance pour un tel o£Sce à la compétence intellectuelle et morale qu'à la dignité; c*est qu'elle était bien éloignée encore de s'imaginer qu'on fait des chrétiens avec un rite et que la prétendue grâce sacramentelle supplée à toutes les lacunes. Elle croyait fermement que les chrétiens doivent être sans exception « enseignés directement de Dieu , » selon la belle formule des

^ '0 StSaaxaXoç dit èxxXiQcriaaTYjç tov, sI'tc 7vat/iç. {Const. EgypU, II, 44.)

SEGWD EXAMEH DES CATÉCHUMÈNES. 47

Cimstitntions apostoliques*^ et qu'en conséqaence il n'y a pas d'ordre et de caste ponr renseignement de la vérité.

Le catéchnménat se divisait en deax périodes princi* pales qni formaient comme denx degrés de Finstmction chrétienne. Dans la première, les candidats étaient considérés comme snr le seuil de FEglise; ils ne pouvaient participer à son culte et devaient se retirer avant la lecture de TEvangile. Ils ne voyaient la barrière s'abaisser qu'à la veille même de leur baptême, à la fin des trois années d'instruction auxquelles ils avaient été astreints. On les soumettait alors à un nouYel examen qui portait surtout sur leur cou* daite. On recherchait s'ils avaient vécu dans la chasteté, s'ils avaient honoré les veuves et assisté les pauyres. Ce n'est qu'après cet examen qu'ils pouvaient entendre la lecture de l'Evangile, sans qu'il leur fût permis d'assister à la célébration de l'eucharistie '.

Au moment où la masse des catéchumènes se retirait,

le catéchiste, ecclésiastique ou laïque, les bénissait et

adressait à Dieu, au nom de l'Eglise, une prière eu

leur feveur. Chrysostôme nous a conservé celle qui se

prononçait à Antioche de son temps, et qui remontait

certainement pour le fond à l'époque précédente. Elle

prouve à quel ppint le catéchuménat était pris au

sérieux, et l'entrée dans l'Eglise considérée comme un

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