S68 L'IDÉE DU TEMPLE PROPREMENT DITE ÉCARTÉE
chrétiens n'avaient pas d'autels. Aras non habemus \ L*idée d'un antel au sens propre du mot est liée à celle d'an sacrifice d'expiation. On ne pent impunément la faire reparaître dans le christianisme ; elle est en soi une atteinte au principe fondamental de FErangile et le mot lui-même doit être évité avec soin dans son acception matérielle. Minutius Félix ne Tcut pas plus d'un temple proprement dit que d'un autel: « Pourquoi, dit-il, éleverais-je un temple à Dieo, quand le monde qu'il a créé ne saurait le contenir '? » On* gène au troisième siècle n'est pas moins péremptoire, il ne fait aucune concession à Celse qui reprochait à la religion nouyelle de n'ayoir aucun sanctuaire.
« Nous ne Youlons, dit le grand spiritualiste chrétien* ni de temples, ni de statues ponr notre Dieu, nous les laissons aux démons qui choisissent un lieu qaelconq(jBe de préférence à un autre sans qu'on en sache le motif. Admirons Jésus qui détourne notre esprit de tout ohjet sensible, non-seulement parce qu'il est corruptible, mais encore parce qu'il est corrupteur. Il nous apprend à rendre à Dieu le vrai culte de la sainteté et de la prière, par Celui dans lequel nous reconnaissons le Médiateur entre le créé et Tincréé, et qui nous communique les grâces du Père en même temps qu'il lui présente nos oraisons comme notre prêtre^ . » « Le temple de Dieu par
1 Minut. Félix, Octavius, c. 82. Arnobe, Disputât. ^ l. VI, i.
' Minut. Félix, Octavitts, c. 32. Le mot de temple était réservé aux sanctuaires païens, et ne fut appliqué aux églises chrétiennes qu'après Constantin. Ambroise, Ep. ad Marc, 33. Bingham, Ori^.,111, p. 9.
' Te6'/)7ua[ji.6v Tbv 'Iyjcjouv Tbv voî5v •Jjijlûv [jLeTaôévra à:ub xovxJç aJffÔYjTOU. (Orlg., Contra Cels., UI, 84.