LA PEIÈRE EST SAINTE, NON LA PIERRE. S
à lear appel et Tient an-deyatit d'eui avec le chœur des anges. Origène n*attribaait nn caractère sacré à r édifice Une par suite de Tacte moral qai s^y accomplisiait; c'était la prière chrétienne qoi Ini avait laissé un parfum céleste, sans qu'on pût attribuer à ses pierres neone valeur religieuse. Il était sans doute difficile de se maintenir à cette hauteur, témoins ces chrétiens d*Eg7pte auxquels Clément d'Alexandrie reprochait de démentir dans leur Tie ordinaire la douceur, la piété qui brillaient sur leurs traits à l'heure du cuite, comme ^il leur était permis de changer de visage et de pratique en changeant de lieu, semblables à ces polypes qui reflètent la couleur des rochers auxquels ils adhèrent. N'est-ce sacrifier la réalité à l'apparence, que de laisser à la porte de l'église la granité et la douceur d'aspect que l'on a^ait revêtues en y entrant et de redevenir semblable à la multitude mondaine? « Ceux qui agissent ainsi se convainquent eux-mêmes de mensonge et montrent ce qu'ils sont au fond du cœur en déposant ainsi le masque de la sainteté, fiespect étrange pour la parole de Dieu, que de se hâter de la rejeter après qu'on l'a entendue ' I >
Cette disposition à retomber de l'esprit à la chabr, •don le mot de saint Paul, devait se développer du jour où la persécution donnerait du relâche à l'Eglise et loi permettrait d'élever des temples magnifiques arec Tagrément et les immenses ressources de l'empire. Le
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Ttl^ouotv. (aém. d'Alex.^ Pxdag., III^ 11^ 80.)
tu DISPOSITION DES MAISONS DE PRIÈRES.
sanctuaire proprement dit, le temple an sens jadalqoe devait reparaître en même temps que les jours sacréi, la piété d'exception et la hiérarchie. Le mouYement d*opinion qui transforma peu à peu dans le cours dn troisième siècle les institutions primitiyes de TEglifie, telles que Tépiscopat, la discipline, le sacrement, opéra dans le même sens en ce qui concerne les édifices consacrés au culte. Tout était prêt à la yeille de Ificée, pour la réalisation complète dans les fiiits extérieurs de la grande révolution morale déjà accomplie dans les esprits ; car, ne Toublions jamais, les transformations da dehors pour Thonneur de Tesprit humain sont toujoars précédées par celles du dedans, même quand il s'agit du triomphe du matérialisme religieux sur la vraie spiritualité. L'esprit n est jamais entraîné fatalement par les choses extérieures; il n'est vaincu que par lui-même, et c'est sa défaillance qui fait la victoire de ce qui rabaisse.
Les renseignements précis nous manquent sur la disposition des maisons de prière avant Constantin. Le fragment des Constitutions apostoliques qui donne quelques détails à cet égards bien que surchai^é de gloses nous permet de ressaisir les grandes lignes de cette architecture primitive de TEglise dans laquelle l'art était entièrement subordonné à la notion morale et religieuse.
Il parait probable que les premières basiliques élevées sous Constantin et dont plusieurs, bien que plus d^une
1 Const, apost.f II, 57.
BENSBIGNEMENTS FOURNIS PAR LES i"* BASILIQUES. S7S
fois reconstruites depuis lors, ont conserYé leur dispoaition primitiTe, forent bâties sor le plan des maisons de prière dn siècle précédent, ayec les enrichissements qae la paix de TEglise et Tor impérial rendaient posflihles. Il 7 a ici plus qu*une hypothèse fondée sor la eorrélation qui s'établit toojours entre deux époques qui se succèdent et se continuent plus ou moins. U est certain que le plan de la construction des églises au quatrième siècle repose tout entier sur la notion ecclésiastique de VAge précédent, déjà si ai&iblie et amoindrie depuis que le christianisme s'était fait religion d^Etat. La pierre a conservé plus longtemps que TEglise le souvenir de Tépoque où une haute barrière s'élevait entre la multitude confuse et le peuple chrétien recruté par la foi personnelle, épuré et maintenu par la discipline. L'architecture des basiliques du quatrième siècle porte l'empreinte de cette grande pensée qui n'a été sérieusement réalisée qu'à l'époque précédente; elle lui doit son caractère propre^ reconnaissable dans les monuments qui du moins dans leur disposition générale remontent à cette date. Il s'ensuit que si nous nous en tenons au plan de ces édifices, en laissant de côté la richesse de l'ornementation et les embellissemenls dus à la faveur impériale, nous retrouverons dans les quelques églises qui ont conservé l'architecture chrétienne du quatrième siècle les principaux linéaments des constructions antérieures* En Orient, trois basiliques du temps de Constantin ont été décrites par Êusèbe sur le ton ampoulé du panégyrique : c'est d'à* bord réglise élevée à Tyr , puis l'église du Saint Sépulcre
S7$ SÉPARATION DES FIDÈLES ET DES SIMPLES AnomSUBS.
à Jérasalem, et enfin celle de la NatiTité à BefUéfaem, dont on retronye encore les dispositions premières ^ En Occident nous ayons dans Téglise de Saint-Clâiieiit à Rome le yrai type de la basilique du quatrième sièek. qui s'est maintenu an trayers de reconstructions soecessiyes, surtout dans Féglise souterraine de beatcoup la plus ancienne. La petite basilique de Sainte- Generosa, dont les débris ont été découyerts récem* ment au-dessus de la catacombe du même nom, dans remplacement occupé par le temple des frères Aryales, est certainement le monument chrétien le plos antique que nous possédions, mais il est trop délabré et tnf incomplet pour nous donner des renseignements aussi sûrs que Féglise de Saint-Clément '.
L*idée fondamentale qui a présidé à ces constmetions, est bien celle qui est la base de toutes les constitutions ecclésiastiques de la chrétienté des trois premiers siècles : nous voulons dire la séparation tranchée entre les baptisés et les non-baptisés, entre ceux qui ont le droit de participer au sacrement et ceux qni en sont exclus, soit pour n*ayoir pas encore été admis,
1 Eusèbe, H, E., X, 4. Vita Constantini, III, 25, 41, 4î. Voir ronnage de M. Melchior de Yog^ué sur ieê Eglises de la Terre sainte, Didcoo, 1871, et spécialement les développements qu'il contient sur réglise de la Nativité à Bethléhem. Les églises chrétiennes de Syrie décrites par If. Waddington sont d'une date postérieure. (Inscriptions greeqmt d latines de la Syrie expliquées et recueillies, par M. W.-H. Waddingtoo, membre de l'Institut. Paris, Didot, 1870.)
> Rossi, Bulletino archeoL^ i.^ année, p. 25. Voir sur toutes les anciennes basiliques l'important ouvrage de Bunsen : Basilik des chrisiiidU, Roms, Mûncben, 1842 et celui du D' Hnbsch : Diealtehristlichen MtAbs. Garlsrube, 1859.
VESTIBULB POUR LES AUDiTEUBS ET LES PÉMRENTS. 117
Mit pour âToir été excominuiiiés, La basilique propre* pieat dite est précédée par un portiqae, qui est la place Msigaée aox simples auditeurs et aux pénitents retenus •or le seuil de Téglise jusqu'à ce qu*ils Yoient sa porte se rouYrir à eux après un examen sérieux. Nous avons plus qu*an texte particulier pour Texistence de cette •éparation ; tous les documents sur rorganisation ecclésiastique Timpliquent dès le commencement du deuxième siècle. Ils sont confirmés par un texte précis de Crr^oire le Thaumaturge, le disciple d'Origène, qui établit formellement qu'une place était réserTée aux catéehomènes et aux pénitents sur le seuil de Téglise : « Le fiea de la supplication est situé en dehors de la maison de prière. C'est là que le pénitent se tenant dehors doit demander aux fidèles qui entrent dans l'église de prier pour lui \ » Grégoire le Thaumatui^e place les auditeurs et les catéchumènes aux portes mêmes de la maison de jNrière et il donne déjà à cet emplacement la désignation de NartAex*. Tertallien assigne aux pénitents le même emplacement, et la distinction qu'il &it entre ceux qui sont relégués dans la cour et ceux qui sont abrités sur le seuil, montre que déjà de son temps un portique existait pour abriter les seconds '.
Si nous en Tenons à la basilique elle-même, nous
ifUOt v^ x6Xi)ç èv t$ vipBYjxt. (Gresr- Tbaomat., Bp. canon.t c. 11. Eoièbe^ H. E,, X, 4.)
* Le mot Narthex as^nifie féruie et désigne an emplacement beaucoup plus kmg qae large.
* « Eeliqnas antem Iflâdinum farias non modo iiminê yeram oiAni «ecleiia tecto submcyemna. » (TertoiLi De fmdieii., 4.)