‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 105 sur 236 · S78 SÉPARATION DES SEXES. - LA CATHEDRA · texte numérisé non relu

S78 SÉPARATION DES SEXES. - LA CATHEDRA

reconnaîtrons gae sa disposition est conforme scnx principes de TAge antérieur dans tout ce qni la distingue di temple païen. Celoi-ci était destiné à abriter le dieu oi ridole ; il lui suffisait pour être complet d*ayoir im piédestal pour la statue et un autel pour le sacrifiée. L*Eglise chrétienne, au contraire, est consacrée au culte da Dieu qui est esprit et qu'elle n'enferme pas ; elle doit s'ouyrir à tous les fidèles pour qu'ils l'adorent ea commun, écoutent la lecture méditée des saints liyres* et participent au repas eucharistique. Aussi doit-elle cooyrir un yaste espace qui lui-même est divisé de manière à ce que les hommes soient séparés des femmes, même ayant l'existence de plusieurs nefs '. Le culte, si nous faisons abstraction du chant des cantiques qui n*impliqne aucune disposition particulière, se partage en deux parties distinctes, d'abord la lecture de la parole diyine, suiyie de renseignement ou de la prédication dont l'érèque est principalement chargé, puis la célébration de la Gène. Un pupitre élevé est nécessaire pour le lecteur '; révoque doit avoir sa chaire ^, et comme les anciens oo prêtres sont ses coadjuteurs en toutes choses, il est

^ La maison da prière des premiers temps, par ces divers usages, rappelait à quelques égards la synagogrue, bien qu'elle en différât sons d'aotres rapports. Aussi a-t-elle pu être désignée par cette appellation si connus grâce à la dispersion des Juifs. G*est ce qu'on peut inférer de la cnrieott inscription découverte par M. Waddington, non loin de Damas* sur on édifice religieux remontant à Pan 318. Elle est ainsi conçue : Synoffogm des Marcioniies, (Ouv. cit.^ inscription 2518.) Pour qu*nne secte qui avait rhorreur du judaïsme ait ainsi nommé son lieu de colte^ il faut qo'dle ait trouvé l'expression en usage chez les chrétiens.

* A! Yuvalx€ç xex(i)pt(7(jiiva)ç. {Contt apost, II, 57.)

' « Puipitum. » (Gyprien, Ep,, 88, 2.)

^ ^0 Tou l'Ki(s%6'K0\) Op^voç. {Const. apost,,ll, 57.) Le Pastor Hermm parle de la cathedra, lib. I, Tisio III, ii.

LA TABLE EUCHARICTIQUE. S79

conTcnable qn^ils soient groupés autour de lui * . Nous aTons ainsi le premier noyau du chœur avec ses pupitres on ambans ' et sa cathedra on siège épiscopal. L'autel proprement dit des âges ultérieurs n'existe pas encore ; à sa place la table eucharistique se dresse au milieu de ce chœur élémentaire qui ne porte pas de nom particulier *; elle est en bois et sans ornement^. Elle est yraiment la table du souper du Seigneur et ne présente aucune analogie avec les sacrifices du sanctuaire juif; rien ne le pronye mieux que le feit que les communiants, hommes et femmes, l'entouraient ponr prendre la sainte cène et receTaient dans leurs mains le pain et la coupe ^. Plus tard la maison de prière, tout en reproduisant le même type sur des proportions plus yastes, se rapprochera davantage des grandes basiliques païennes; les nefs se multiplieront grâce aux colonnades, le chœur sera exhaussé en signe des progrès de Tidée sacerdotale et la table eucharistique se transformera en un yéritable autel de sacrifice sous Tinspiration des idées sacramentelles déjft feyorisées par Gyprien *.

Il n'en demeure pas moins que, grâce aux basiliques du quatrième siècle qui sont comme un déyeloppement

« Eosèbe, H. S., VIî, 80; Ilap' èxixepa (ôpévou) xaOsÇéoOc») îb lcpeo6uT6ptov. (Const. opost., 11^ 57.)

* Ambon Tient d*dva6a(vu>, monter.

» Ensèbe, H, E., 10, 4.

^ Augnst, Ep, 50 ad Bonifat.

* TpaxéÇt) xopowrivTa rm x&ipoLç dq OxoSojçîjv vf^q à'^icLq Tpoçtjç xporeCvovra. (Dyon. Alex., apud Eosëbe, H, E,, y II, 9.)

* Tpdxttia xupCou. (l Ck>r. X, 21. Angnsti, ArchxoLy I, p. 418; n, 61 i.) Les autels étaient encore en bois du temps de Constantin, Cyprien donne déjà le nom d*aatel à la table eocharistiqne. c Quasi post aras diaboli acoedere ad altare Dei fas sit. » (Jfp., 65, i.)

280 LE PUITS EXTÉBlEUa.

explicatif d*un texte obscar, nous pouvons nous représenter en quelque mesure ce qu^étaient les édifices consacrés au culte yers le milieu du troisième siècle. La forme ronde si bien adaptée au temple païen, qui n'ayait d'antre destination que d'être la cella du dieu, a été abandonnée pour la forme oblongue. En attendant la "vaste basilique en forme de croix, qui ne date que du règne de Constantin, nous ayons un b&timent en forme de yaisseaa, de préférence tourné yers Torient d*où a jailli la lumière nouyelle ^ Il est divisé en trois parties : 1^ le portique où se tiennent les simples auditeurs et les pénitents ; 2^ la nef divisée en deux emplacements distinets dans lesquels se rangent les simples fidèles séparés d'après leur sexe ; 3^ le rudiment du cbœur où s'élève la chaire épiscopale avec les sièges des anciens en dcmi-cercle. La table eucharistique et le pupitre do lecteur occupent la place intermédiaire entre le chœnr et remplacement où se tiennent les fidèles. Les offirandes de ceux-ci étaient déposées sur une seconde table dressée à droite de la table eucharistique ^. Un puitB est souvent creusé devant le portique pour faciliter les ablutions qui n'avaient rien d'obligatoire ' ; car pendant longtemps une place est ménagée dans l'église ellemême pour la citerne baptismale. Nulle image n'était admise dans le lieu consacré à l'adoration. Quand on

* ''Eowcs VTjC... KaT* àvaToXoç. {Const,apost.,lUhl,)

* Cette table destinée aax dons s'appelait Tcaoropépicv on autel portatif Const. apost.f YIU, 13.

' Eusèbe, H, E., X, 4. Tertull., De orat., il. Il blÂme l'usage des aUotions comme emprunté aa mosalsme.

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