LA PRIÈRE EST LE GRAND SAGRIFIGE EUCHARISTIQUE. «SS
d'être le snUime entretien de TEglise affiranchie et par^ donnée ayec son céleste époux.
Le deuxième siècle est demeuré entièrement étran^ ger à cette transformation du christianisme qui commence à apparaître Ters la fin du siècle suiTant. Cest ce qui ressort ayec éyidence de cette déclaration de Justin Martjr qui peut serrir d^épigraphe au tableau si fidèle qu*il a tracé du culte public à son époque : « Nous sommes, dit-il des chrétiens, la Traie race sacerdotale de Dieu; il ne reçoit de sacrifices que de ses prêtres. Dieu accepte comme lui étant agréables ces offlrandes qui lui sont présentées de tous les Ueux du monde par les chrétiens au nom de son Fils, selon qu'il Ta institué dans le repas eucharistique du pain et de la coupe. Je déclare que les prières et les actions de grâces présentées par ceux qui ont le droit de les offipir sont les seuls sacrifices que Dieu accepte et agrée ^ » Pour bien marquer le caractère eucha* zistique de ces offrandes, Justin Martyr ajoute qu'elles sont destinées à reconnaître la bonté de Dieu aussi bien dans Tordre naturel où sa main généreuse nous a préparé tout ce qui est nécessaire à notre subsistance^ que dans Tordre surnaturel où il a tout fait pour notre rédemption par les souffrances de son lils *• On le voit, i pour Justin Hartjr le sacrifice essentiel est celui de la prière qui monte à Dieu pour reconnaître ses bienfiiitsf
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s hutàn, Apol., U 67*
Me LE CULTE AU TEMPS DE JUSTIN MARTTIL
et ses pardons; la sainte Cène en est la plus hante expression par ses sublimes symboles. Or qu*est-ce qat le sacrifice de la prière, si ce n'est le sacrifice da cœnr, rimmolation yolontaire de Tàme qui prie» et quand il s'agit de la prière en common, l'immolation morale da penple chrétien se consacrant à Dien sanaréserre? Telle est la grande pensée qui domine et pénètre le culte entier, et qui à cette époque s'y déroule dans ses actes successifs sans rien perdre de sa pureté.
C'est dans les chapitres LXY à LXYII de son Ap<dogiê que Justin nous a tracé un tableau très-complet du culte tel qu'il se célébrait sous ses yeux. Il importe de reproduire ce texte si important qui est notre source principale. Il est ainsi conçu : « Au jour dit du soleil, tous les chrétiens, qu'ils habitent la yille ou les champs, se rassemblent au même endroit. Il est fait lecture des mémoires des apôtres et des écrits des prophètes, selon que le temps le comporte. Ensuite, quand le lecteur s'est arrêté, le président de l'assemblée fait une exhortation pour presser les auditeurs à imiter les saints exemples mis sous leurs yeux. Puis toute rassemblée se lève de concert et nous adressons nos prières à Dieu. Après âTOir terminé cette prière, on apporte du pain et du yin mêlé d'eau. Le président à son tour fait monter yers le ciel ses prières et ses actions de grâce, dans la mesure où il le peut, et le peuple lui répond par l'amen. Après quoi on distribue l'eucharistie, chaque fidèle y participe, et les diacres la portent aux absents. Les chrétiens qui possèdent quelque bien et qui en ont la volonté apportent en don la portion qui leur convient ; ou ras-
PAS ENCORE DE SÉPARATION ENTRE AUDITEURa ET nOÈLES. %9l
semble tous ces dons dans la main du président et c*est
par leur moyen qa*il sontient les orphelins, les yeaves,
les malades et ceux qni manquent du nécessaire pour
quelque autre cause, les prisonniers, les étrangers. H est
ainsi l'assistant de tous ceux qui sont dans le besoin ^ »
Si nous cherchons à dégager de ce grand texte une
image yiyante du culte du deuxième siècle sans presser
les détails, nous reconnaîtrons avant toutes choses
qu'il se divise en deux parties distinctes, le service re-
t ligieux qui précède la communion et le repas eucharisti-
i que. Il importe néanmoins de remarquer que ce partage
i du culte en deux parties n'a pas le caractère tranché
i qu'il aura plus tard, quand Teucharistie sera célébrée
I comme un mystère loin de tout regard profane, alors
i que les auditeurs et les catéchumènes seront congédiés
■ avant qu*elle commence, et que la discipline la plus sé^
vère veillera à ce qu'aucun intrus ne se glisse parmi
les chrétiens admis après trois années d'épreuves à
prendre part à la communion. Il n'y a pas un trait
dans la relation de Justin Martyr qui implique une
séparation semblable. Bien n'empêche d'admettre que
tons les assistants de la première partie du cuite
n'aient conservé de son temps le droit de demeurer les
spectateurs de la seconde, bien qu'il soit certain que
les baptisés seuls participaient au repas eucharistique.
Dieu ne reconnaît comme ses prêtres que les chrétiens ^.
n s'ensuit que la célébration du culte public au second
siècle a évidemment quelque chose de moins solennel qu'à
i Justin, ApoL, l, 67.
* Dûl/. ciim Trypht, o« 116.