DISTRIBUTION DU PAIN ET DE LA COUPE
Cet acte eucharistique s^accomplissait au moment mfime où rassemblée allait participer au sacrement. On a prétendu, sans textes à Tappui, qu*il consistait uniquement dans l'oraison dominicale * ; il faut plutôt y voir la répétition solennelle des paroles mêmes de Tinstitution de la cène ^, sans que la bénédiction porte jamais sur les espèces elles-mêmes.
Après que les paroles saintes ont été prononcées, le pain est distribué , la coupe dans laquelle le yin a été mélangé d'eau, passe de main en main. C'est l'instant sacré par excellence. Nous ne nions pas que Justin et Irénée n'aient employé dans l'ardeur de leur mysticisme des expressions qui paraissent fayorables à la transformation des espèces, bien qn^on en puisse citer d'autres dans un sens opposé. Nous les ayons déjà discutées et pesées dans l'exposition de leur doctrine, et nous ayons conclu que leur pensée sur ce point est restée flottante. Quoi qu'il en soit, il est incontestable, d'après leurs propres déclarations, que jamais l'eucharistie n'a été pour eux un sacrifice matériel offert à Dieu, en renouyellement de l'immolation du Galyaire. Elle n'est que l'offrande spirituelle de l'Eglise émue de gratitude pour les bienfaits de son Dieu et de son Sauyeor dans la création comme dans la rédemption, le
*■ Bansen, Hippolytus^ vol. 11^ p. 180. La récitation de Toraison dominicale se concilierait mal avec le caractère libre et improvisé de cette prière. (Jastia, Apoi., l, 67.)
s Jasùn, dans le môme passage où il parle de Tacte eucharistiqne^ emploie, à propos da pain et da vin de la cène, les mêmes expressions que Ton retrouve dans les paroles de l'institution. Le pain rappelle le corps rompa du Christ et la coupe son sang répandu en rémission de nos péchés. (Justin, Dial. e. Tryph., c 70.>