DERNIER CANTIQUE
sacrifice de la prière porté à sa plus haute paissaneei et rattaché aux espèces da pain et du Tin qui nppelleÉt rœurre du Yerbe dans la nature, et son abaissanent dans une chair crucifiée. L'Eglise du second siècle ne connaît d'autre hostie que Tàme chrétienne s'olfrant à Dieu au nom du Christ.
La cérémonie se terminait par le chant d*nn cantique, puis les diacres portaient le pain eucharistique aux absents» non sans dommage pour la pureté de rinstitution, car ils paraissaient supposer que les grftces qui en découlaient n*étaient pas exclusiyement rattachées à Tacte moral, mais étaient en quelque mesure incorporées à un élément matériel.
§ II. — Le culte public au troisième siècle.
Le culte chrétien au troisième siècle n'a.pas subi de modification apparente; les mêmes actes s'y succèdent avec une régularité mieux déterminée, bien qu'il ait conservé sa liberté première, et soit encore très-loin de la fixité inyariable d'un service liturgique. Pourtant oa ne saurait nier qu'il ne soit en pleine transformation morale sous la double influence des idées autoritaires qui commencent à prévaloir, et des déviations doctrinales que nous avons déjà signalées, et que nous n'avons plus qu'à rappeler.
Les Pères du troisième siècle reconnaissent eoxmêmes que l'adoration chrétienne ne ressemble plus en tout point à ce qu'elle était avant eux, spécialement an siècle apostolique. Tertullien, parlant des changements qui oDt été opérés dans le culte, avoue que si l'on en
TRANSFORMATION DU CULTE AU TROISIÈME SIÈCLE. t97
demande la justification aux écrits des apôtres, oh ne Yj
trooTera pas. Ils sont nés de la tradition, et confirmés
^ par la coutume % et sont ainsi doTenns la pratique de la
ê foi chrétienne. Nous admettons sans scrupule la légiti-
■ mité des transformations du culte chrétien ; il n'est point enchaîné au type du premier siècle, comme à un nouveau
i LéTitique, et il use des droits de la liberté chrétienne en
■ modifiant ses formes selon les temps et les nationalitéSi I poar?u qu'il ne déroge pas à Tesprit de TEvangile. A ce
à point de vue supérieur, Tertullien aurait eu quelque peine
■ à établir le bon droit de plusieurs des modifications qui é étaient en voie de s'opérer dans l'Eglise de son temps.
La principale de celles que nous avons à signaler est en tout point conforme à l'esprit du christianisme primitif, qui repose tout entier sur la distinction entre la naisri sance naturelle et la nouvelle naissance, entre l'humam nité inconvertie et le vrai peuple de Dieu, recruté par ftl la foi personnelle. Elle consiste précisément à repro-
■ dnire dans le culte cette séparation tranchée, en réserti vant sa partie la plus solennelle aux seuls chrétiens I éprouvés. Une initiation sévère est placée sur le seuil r da vrai sanctuaire évangélique. Le baptême donne seul
le droit de participer à la cène et au service religieux qui raccompagne, et il n'est reçu qu'après de longues épreuves terminées par la renonciation publique au monde et à Satan. Non-seulement le mélange entre les profanes et les croyants à l'heure de l'adoration est sé-
i « Hamm et aliarum ejusmodi dimsiplinamm^ si legem expostules teriptararam^ nnllam invenies. Traditio tibi pnetendetor aactriz. » ClertaU.^ De corona, 4.)
tm SÉPARATION ENTRE CSOIQIUNLANTS ET AUDITEDBS.
Yërement interdit, mais encore les simples catéchumènes ne pea'vent s^asseoir à côté des baptisés. L'on des grands reproches que Ton adresse à Thérésie est d'abattre prématurément ces barrières salutaires, et de confondre dans FEglise les simples auditeurs et les vrais prêtres du Christ qui ont obtenu le droit d'o£Bcier, en participant à la prière eucharistique et à la sainte cène * . Origëne fait de cette séparation tranchée un des caractères qui recommandent le plus le christianisme à Testime et à l'admiration des hommes sérieux. U insiste avec énergie sur ce qu'elle avait d*absolu. U Toppose à la facilité avec laquelle les philosophes introduisaient les premiers venus dans leur école. L'Eglise s'attache à scruter a^ec soin la vie et les sentiments de ceux qui veulent s'asseoir sur les bancs de son catéchuménat ; elle n'y admet que ceux qui se montrent décidés à une conduite pure. Ces auditeurs déjà éprouvés sont instruits à part, jusqu'à ce qu*ils aient été jugés dignes du baptême, et ce n'est qu'après l'avoir reçu, en s' engageant à vivre chrétiennement, qu'ils sont introduits dans le culte proprement dit. Grâce à cet examen scrupuleux de tom les candidats au baptême, les indignes sont repoussés de l'adoration. Rien n'est donc plus faux que d'accuser l'Eglise d'être un carrefour ouvert à tous les vices ^
*■ « Inprimis quis catecharoenas, qais fldelis incerlcun est; pariter ■audiunt^ pariter orant^ ante sunt perfecti catechumeni quaoi edocti. » (Tertull., De prxscript,^ 41.)
* 'B(a [jLsv icoffjGavreç T(3tY[Ji.a tûv àpTt dep^ofiivcov, ëxepov & tè
^wv iuapa(rn;aivT(i)v lauTÔv t^v 7cpoa{peatv oôx àXXo Tt PoûXeoOûb
^ Ta XpwTiavoTç îoxouvra. (Orig^ Contra Cels,, III, 61. Voir Htfnack. Ouvr. cité^ p. 80, 81.)