SOS LA GÊNE CESSE D^ÊTRE URE EDCHAUSTIE
se continae par les bonnes ceuTres des saints, et sortont par leors sonffiranees '• Origène n*hésite pas à déclarer que le martyre est nne oontinnatioii de la rédemption, et qn*il &it rejaillir sur FEglise le mérite de ses Rôdeuses douleurs, en accroissant ce trésor de piété, d^obéissance, de sainteté^ qui paye notre rançon. Jésus- Christ y a sans doute répandu d^incomparables richesses, Tor pur de sa vie sans tache et de sa mort sans pareille; il ne Ta pourtant pas comblé à tel point, qœ les saints et les confesseurs animés de son Esprit, et marchant sur ses traces, ne puissent Taccroltre. « L*Ame des chrétiens immolés pour Jésus, dit-il, n'assiste pas en vain devant l'autel céleste, mais transmet aussi le j pardon aux hommes qui le demandent; les puissances du mal sont vaincues par la mort des martyrs, par leur fidélité et leur persévérance jusqu*au sang '. »
Tertullien, partant des mêmes principes, en presse davantage les conséquences. Ne voyant aussi dans la mort de Jésus-Christ qu^un triomphe de la sainteté sur le mal, la rédemption se continue pour lui partout où il retrouve la sainteté, et très-particulièrement sons la forme ascétique, à laquelle il accorde de plus en plus de prix, depuis qu*il s*est rattaché au montanisme. Le jeûne, le célibat, ont une valeur vraiment expiatoire pour les péchés commis depuis le baptême '• Il en fait de véritables sacrifices au sens judaïque. « J'appelle, dit-il, sacrifices agréables à Dieu, la contrition de F&me, les
1 Voir le volume V de mon Histoire, p. 322. > Orig., In Johan., YI, 37.
• TertuU., De jejuniis, 3.
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jeûnes endarés sous ses vêtements sordides. L^œuTre de la justice ne peut s'accomplir sans le sacrifice du jeûne. » La virginité et la chasteté volontairement acceptée dans le mariage ont une valeur encore plus haute. Le martyre couvre de sa palme sanglante les péchés les plus graves, et vaut à lui seul un baptême *• Gyprien se montre à cet égard le trop fidèle disciple de son illustre devancier. H parle couramment de satisfoire à la justice de Dieu par la pénitence^ et de racheter nos péchés par nos larmes, et par nos aumônes. Non-seulement les soufirances des martyrs sufSisent à F expiation de leurs péchés, mais leur intercession a une efBcace particulière pour les péchés des autres *.
Ces graves altérations de la doctrine de la rédemption ii*ont pas reçu leur application directe à la sainte cène avant Tépoque de Cyprien. Il n'en est pas moins vrai qu'il était impossible que le sacrement échappât longtemps à leur influence. Ce qui était modifié dans la théologie de Tertullien, ce n'était pas seulement la conception de l'œuvre de Christ, c'était encore celle du sacrifice chrétien, qui devenait pour lui bien plus satisfactoire qu'eucharistique. Il est destiné à apaiser Dieu encore plus qu'à le bénir; il est plutôt une expiation partielle, qu'une libre offrande de l'Ame pardonnée. Cette notion devait nécessairement modifier l'idée de la sainte cène; dès qu'on
« « Nam et sacrificia deo grata jejania et seras et aridas escas. — Virginitas quoqae et Tiduitas Deo adolentnr. » (De resurrect camis, 8.)
s » Operationibus jnstis Deo satisfieri. » (Gyprien, De oper. et elee* mosyna, c. 5.)
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loi attribuait un caractère expiatoire, on était amepé à y Toir un renouyellement de Timmolation du Gat- Taire. Le sacerdoce est tout trouTé pour ce nonTcm sacrifice^ car il Tient de se reconstituer bous rinfluenœ d*un épiscopat enyahisseur. Nous sommes à la Teille de rinauguration de la messe catholique, bien qpe le spiritualisme chrétien soit encore assez paissant pour contre-balancer les influences nouyelles; la doctrine de la présence réelle et corporelle n*est destinée à triompher que bien des siècles plus tard. Néanmoins, on ne saurait méconnaître la graTité des innoTations qui remontent à répiscopat de Gyprien. C'est dans ses écrits que Ton trouTC pour la première fois Tidée queTEg^ offre à Dieu dans la sainte cène le sang de Jésus-Christ *, et que le calice doit reproduire Toblation du Seigneur à la croix. Nous Toilà bien loin du sacrifice spirituel et eucharistique !
La transformation de la sainte cène en un sacrifice expiatoire fut aussi facilitée par la coutume si belle de déposer aux pieds de Tévéque les dons destinés à Fentretien des pauvres et aux divers offices de la charité. Gyprien accorde à T aumône chrétienne une Téritable valeur pour le rachat des péchés commis depuis le baptême, comme on peut s'en convaincre par son traité sor les bonnes œuvres et les aumônes. « Que deviendraieDtf dit-il , la fragilité et la faiblesse humaine, si la miséricorde divine ne nous avait donné le moyen de nous purifier par nos aumônes des souillures que nous contractons '7
^ « Sanguinem Ghrisli ofieri. » (Gyprien, Ep., 63^ 9.) * De oper, et eleemosyna, c. 1.
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Le sang de la croix suffit à layer nos péchés ayant notre retoor à Dieu, bénissons sa clémence qui^ sachant qœ nous ne pouTons pas demeurer à Tabri du mal, nous a ainsi donné un remède pour nous guérir. Nos péchés iwt expiés par les mérites de la miséricorde qui nous foornit le moyen d*apaiser Dieu ^ « Citant l'exemple de Tabitha, la mère des pauvres de Joppe, ressuscitée par Tapôtre Pierre, Gyprien s'écrie : « Yoilà ce que peuTent les médtes de la charité ^. » L'aumône est ainsi pour Féréque de Garthage un véritable sacrifice d'expiation et de purification, et la table eucharistique sur laquelle ont déposait solennellement les dons abondants de la dmrité chrétienne, devient à ses yeux l'autel de ces ilErandes expiatoires. On voit par quelles déductions *idée de sacrifice commence à être appliquée au pain ït au vin de la cène, premières offrandes des chrétiens, ongtemps avant que la doctrine de la transformation les espèces soit sortie du vague mysticisme qui l'enveoppe encore.
On avait coutume de prononcer les noms des donaevurs, lors de la célébration de la communion '. Us étaient MUT là même conduits à penser qu'ils avaient acquis un Hérite particulier, grâce auquel ils participaient les preiners au sacrifice expiatoire offert à Dieu par son Eglise.
D* autres noms étaient aussi prononcés à cette heure
i « Remédia propitiando Deo ipeios Dei Terbis data sant, operationibos oitls Deo satisûeri^ misericordiœ meritis peccata pargari. » (De opéra et fieemoysHa, 5.)
* « Tantam potnerimt misericordi» mérita. » [M,, 6.)
* Ecdes. Alex, monomenta. liturgia dwi Marei. Bnnsen, Antenieiena,
roL m, p. lia.