‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 116 sur 236 · LA GÈNE PREND UN CARACTÈRE EXPUTOIRS · texte numérisé non relu

LA GÈNE PREND UN CARACTÈRE EXPUTOIRS

sainte entre toutes, c'étaient ceux des frères et d€S sœnrs dont on pleurait la mort. Les chrétieiis se plaisaient à associer autour de la table eucbaristiqae FEglise de la terre à celle du ciel. YiTant d'avance dans le monde luTisible, il leur semblait naturel d^ rassembler autour de la sainte victime toute la famille des croyantSi et d'affirmer que les liens qui Tunissaient subsistaient an travers de la mort. Cette belle coutume s'altéra avec la sainte cène elle-même^ quand celle-ci prit le caractère d'un sacrifice expiatoire; on attacha à la mention des morts une idée superstitieuse, on s'imagina que le sacrifice eucharistique était en partie offert pour enx, et contribuait à les affranchir de toutes les conséquences du péché; on le crut d'autant plus qu'on ne se contenta pas de prononcer leur nom, mais qu'on apporta des offrandes à leur place et pour eux^

Cette croyance ne fait que naître au troisième siècle, mais elle ne tardera pas à se développer. L'Eglise se sentait entoarée, au moment le plus solennel de son culte, de la nuée des témoins du Christ déjà couronnés. Origène a dépeint dans des termes éloquents, déjà cités, cette communion mystique et réelle entre ceux qui sont encore engagés dans le combat, et les martyrs triomphants^. Certes, une telle pensée était en soi bienfaisante et propre à élever les âmes, mais elle doTint un péril du jour où l'on attribua aux mérites des confesseurs une valeur satisfactoire. On fut bientôt conduit à

i (( Oblationes pro dçfuDctis^ pro natalitiis, annua die facimos. » (Tertnll'i De coronaj 3.) * Orig., De orat.^ 11.

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