‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 122 sur 236 · UBEETÉ DE LA PRIÈRE · texte numérisé non relu

UBEETÉ DE LA PRIÈRE

•en Tan 633, pour que rùnifoniiité soit décrétée dans le ienlte, en interdisant là drrersité des prières. Noos - lisons dans la Constitution copte ces paroles remarqoa- .iiles et décisiyes, pour garantir la liberté de la prière pobliqne : « Qae l'éTéqae célèbre Fencharistie dans .^les formes prescrites plus haat. II n'est pourtant pas ibsolument nécessaire qu'il prononce les mêmes paroles 'que nous avons employées et qu'il s'y enchaîne scruputeasement, mais que chacun prie comme il le peut. Si quelqu'un est capable de faire de lui-même une prière qui convienne, cela est bon. Que si celui qui prie le fait selon une formule indiquée, que personne ne l'en em-

' Si nous laissons de côté les liturgies dites de Basile et de Chrysostdme, gui portent Tempreinte de lenr temps et de leur rhétorique^ nous reconnattrons qae les liturgies reproduites par Renaudot et Âsseman, du moins celles des Eglises d'Orient, reviennent à trois types principaux, inmpirin il n'est pas difficile de dégager un fond commun :

i) La liturgie de Jacques, mise parfois avec quelques variantes sous les bonis de Pierre, de Matthieu et d'autres apôtres ou évangélistes; elle a fié surtout employée en Palestine, en Syrie, et en général dans rOrieot Hiatiqae. On a vainement cherché à la reporter à Tàge apostolique par nngéniéux rapprochements entre certaines de ses parties et des textes HDprantés aux apôtres ou aux Pères apostoliques. (Voir le curieux diapitre consacré à cette question dans le livre de Neale : Essays on Htmrgiohgy and Church History. London, 1867.) U est bien plus raison- [nble d'admettre que le texte apostolique a été reproduit par les auteurs ie la liturgie que de supposer le contraire, «urlout quand on constate )m sarcharges innombrables dans le sens hiérarchique dont elle abonde It qui sont d'une date très-postérieure.

S) La liturgie dite de Clément contenue dans le VIII* livre des Consti' hKJoiif apostoliques. Celle-ci, comme nous l'avons établi à l'oocasion des ÇmutittUions apostoliques en général, a certainement un fond antenicéen UjpB de nombreuses surcharges.

.-•t) La liturgie de Marc en usage dans l'Ejglise d'Egypte dès le troisième riècto, surtout sous la forme éthiopienne telle que Ludolph l'a reproduite. Mous préciserons sa date quand nous en ferons usage. '•'Voir encore sur les liturgies de l'ancienne E^ise : Daàiel, Codex iUmrgicus ecclesi» univers», Leipdg, 1847-5S, tome IV, fasdeolns 1 et t. Mnsen, Analeeta antenicmna^ vol. Ul; EKppoiytui, Td. H, 868*809.

Ziô L'ORAISmi DOMINICALE MON IIIPOSEE.

pâche^ poarTa que sa prière soit conforme en tout pdnt & la saine doctrine ^ » Tels étaient les principes qû dominaient an troisième siècle. L^usage d*ane litoi^ inyariable et imposée eût paru une profanation de h prière, une atteinte à la plus sainte des libertés, à celle de r&me s'entretenant avec son Dieu. Si Ton croyait bon et utile de marquer, comme Tapôtre Paul Fayait fait, les grands sujets qu*il n'était pas permis d'oublier et de distinguer dans le culte public, le moment où Ton ferait la prière générale pour tous les hommes de celui consacré à la prière eucharistique, si Ton n*é^ prouvait aucun scrupule de rédiger quelques-unes de ces oraisons, pour suppléer à rinsu£Ssance de Tofficiant, on maintenait fermement le principe de la liberté de roraison comme le droit inaliénable de chaque Eglise. Les grandes constructions liturgiques des âges suivants ressemblent parfois dans leur pompe aux splendides tombeaux élevés par la synagogue aux prophètes qu'elle avait commencé par immoler. C'est quand on eut éteint, étouffé sous les formes l'esprit de la vraie prophétie évangélique, le feu de l'oraison libre et fervente, qu'on érigea ces monuments somptueux d'une adoration de commande qui sont trop souvent les cénotaphes d'une piété absente.

Le respect de la liberté des prières dans l'ancienne Eglise était si grand que l'oraison dominicale n'a point été imposée à titre de formulaire, pendant tout le cours

icpoetpi^xa(JLev, àWà %aç xaxà ty^v S6va(JLiv a&TOu %po(jeùy(ea^^ |a6vov {»Y^ivto^ xpocreuxéaOo) iv ipOoSoÇ^. (Const, Eceles. Egypt.^ II, S4.)

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