LA PRIÈRE NE S'ADRESSE JAMAIS A DES GEBATURSP
le même rang un hommes et Diea. U' reyendiqae poqr eux le droit d^invoquer Celui qui est un ayec le Pèrei qui était ayant qu'Abraham fût, et qui a été si parfidt^ ment Timage de la gloire diyinoi que le yoir q'est voir Dieu. « Gelse, ajoute-t-il, se trompe quand il prétend que, parce que nous honorons Dieu et son Fils, il 8*ensuit que nous n'adorons pas Dieu seul, mais encore son seryiteur. Nous n'adorons qu'un seul Dieu et un seul Fils de Dieu, le Verbe et l'image de Dieu, et nous l'honorons autant que nous le pouyons, en rapportant nos prières au Dieu de l'uniyers par son Fils unique*.» Origëne ajoute que nous deyons porter nos prières, nos supplications et nos actions de grâce au Dieu souyerain, par notre souyerain sacrificateur, éleifé au-dessus de tous les anges, qui est la parole yiyante de Dieu. « A ce Yerbe aussi nous offrons nos prières. » On le yoit, la prière à Jésus-Christ est acceptée sans scrupule, ayec cette nuance qu'Origène préfère certainement la prière à Dieu, par le Fils. Le Saint-Esprit est également invoqué aussi bien que le Père et le Fils. Nous ayons déjà fait ressortir combien ces manifestations spontanées de la piété de l'antiquité chrétienne prouvent mieux que toutes les déclarations théologiques sa foi profonde et universelle dans la divinité de Christ. Avant le quatrième siècle elle n'a jamais mêlé à ses prières le nom d'aucune créature, ange ou saint. La mère du Christ n'a point été l'objet de ses invocations, Marie demeure pour elle la plus humble et la plus bénie des
1 Orig., Contra Cels., Vlll, iî, 18.
VAMJSN DE L'ASSEMBLÉE. 31».
files de rhnmanité pécheresse et rachetée, et il faut djBflpencIre jusque dans les bas-foiids de la littérature tpociyphei pour trouver l^s premiers commencements d,*iine exaltation exagérée de la yierge de Bethléhem ^ • Xa part directe de la communauté dans le culte public n'était pas très-grande, bien que le droit d'eii* saigner fût reconnu en principe aux laïques. Nous avons Ta que la première prière générale était la prière de rassemblée. C'était le moment du solennel silence» interrompu par les requêtes de Tofficiant pour les diverses classes d'hommes ; l'assemblée s'unissait à lui par une sorte de refrain. Elle intervenait de la même manière dans la suite du culte. L'ilin^n était sa prière à elle, qui lui appropriait la prière faite en son nom. Cette formule était d'origine judaïque. Elle signifiait : Que Dieu le fasse. Le législateur du Deutéronome avait ordonné que le peuple ratifierait par ces mots les malédictions de la loi contre l'idolèirie ^. Le Talmud doBuait à ces malédictions une importance particulière, et menaçait des plus terribles châtiments ceux qui les prononceraient légèrement. L'Amen a été de suite usité dms l'Eglise. Saint Paul le mentionne déjà et il reparaît partout comme la conclusion naturelle des prières solennelles'. Cette exclamation sainte associe le peuple chrétien à son représentant et le fait ainsi sortir d'un rôle purement passif. « L'Amen^ dit saint Augustin, est notre
< Aagnsti, Archéolog,, v. II, p. 27.
• Deotér. XXVII, 14.
• Hoç 6 TCapà)v Xabç l%e\)<^\Lti Xé^cov • Ajm^. (JusUd, Apol., I, S7.) c Ex ore quo ime» in Baoctom protnieris. » (TeriaU., De speet., S6.)
dSO VALLEWIA. - VHOSANNA.
adhésion, notre consentement et notre ratification. Le sang de Christ, ajoate-t-il, a une grande Yoix sur la t^rre^ quand le peuple entier qui Taccepte répond Amm *, » V Alléluia remonte aussi à la plus haute antiquité. Il retentit déjà comme la plus solennelle expression de Tadoration dans les anciens cantiques d'IsraCl; témoin le psaume GIY et les psaumed GXIII et GXYIII, qu*oii appelait les psaumes du grand AlUluia. Les armées célestes, dans TApocalypse, en font leur chant de triomphe^. L*EgIise se garde d*abord de le prodiguer, craignant de transformer en formule banale ce mot des anges, comme le désignait plus tard Anselme de Ganterbury. L*Orient chrétien ne chantait ï Alléluia que de P&ques à la Pentecôte. Il en était de même dans l'Occident^ sauf à Bome où il était réservé au jour de P&ques. Au contraire, Jérôme Tentendait partout en Palestine, les enfants le bégayaient dans leur berceau et les laboureurs rentonnaient derrière leur charrue'. D'après Isidore de Séville, TËglise n'ayait voulu traduire ni Y Amen ni V Alléluia^ parce que c'étaient des mots si sacrés et si grands que Jean, quand il les entendit pour la première fois dans le ciel, crut entendre la voix des flots et du tonnerre. Cependant saint Augustin traduit ainsi V Alléluia: Louent le ^^t^n^r^/ L'Eglise a reçu encore du judaïsme VHosanna. On le trouve pour la première fois dans le psaume CXTUI; il signifie, d'après les LXX : Sauve-
^ « Amen proiade nostra subscriptio est^ consensio nostra est. » (Augustin, Sermo ad popuL contra Pelag.)
• Apoc. XIX, 1-6.
' Saint Jérôme, Ep.^ 27.
* c Laudate Dominam. b (Aagnstin^ Sermon de tempor., senno iSi.)