LE KYRIE. — LE GLORIA. — VOREMVS
nous *. V Hosanna a accompagné rentrée triomphale de lésus à Jérasalem, le jour des palmes. Il retentit la première fois dans TEglise à la mort de Jacques le Juste ^. Aa troisième siècle, il figurait dans son culte public'.
Le JKyrie eleison ^ — Seigneur, aie pitié de nous, — est un écho de la touchante prière de Taveugle de Jéricho prononcée en quelque sorte au nom de toutes les âmes brisées et confiantes qui recourent aux compassions du Christ. La généralité de son usage au temps de saint Augustin reporte son introduction à Tâge précédent. On le trouve déjà dans les plus anciennes liturgies^. Le Gloria^ sublime écho de rbymneangélique de la nuit de Noël, est également trèsancien et a déjà reçu de grands développements à la fin da troisième siècle^. Saint Hilaire lui donna plus tard sa forme définitive dansFEglise latine. Le Poo; voMscum était usité an temps de Tertullien, qui reproche amèrement anxhérétiquesdele profaner; Gyprien le mentionne dans uie de ses lettre^®. LeDominus vobiscum^ avec la réponse de rassemblée, est d'une origine moins ancienne et n'a été usité qu'en Occident, TOrient préférant lePaxvobis-' eum^.li'Oremus ou Tinvitation des diacres à rassemblée de se mettre en prières, est déjà mentionné dans les Consiitutians apostoliques. Le Sursum corda y est également
> Ifatth. XKl, 9-11 ; Marc XI, 9, 10.
< Easèbe^ H. E., II, S3.
» Const apo$t.t VIII, 13.
^ Liturgia Marci, Buasen, Antenicxna^ y. III^ p. 123.
* Const. apost^ VII, 47.
*Tertall., De prxscript,, 41. « Aaspicatas est pacem dum dedicat ecdonem. » (Gyprien^ Epist, 38, 2.)
"v Le synode de Braga en Portugal (en 511) rendit obligatoire la formule : Dominus vobiscum,
nt LE CANTIQUE.
indiqaé ^ . Gyprien en confirme positiTement Tusage dans TEglise de son temps. L'Agnus Dei est d*nne date postérienre.
On le Yoit, l'assemblée participait ao calte, grâce à ces brèves formules qui lui appropriaient les prières prononcées en son nom.
§ IL — Le chant sacré et la lecture des saints liiHres.
Le cantique qui unit la poésie et la musique Joue on rôle très-important dans le culte chrétien. La poérie a un double caractère qui la rend admirablement appropriée au sentiment religieux; d* abord par le rh]FthiBe elle donne à T expression une force redoublée, ooneentrée ; c'est comme le coup d'aile toeif[ique qui élè?e de terre la parole humaine. Ensuite elle n'épuise jamais ridée comme la prose toujours obligée à la précision, elle semble prolonger la ligne commencée dans Tinconnu comme ces paysages fuyant dans un lointain mystérieux. A ce double égard elle convient aux sentiments les plas puissants de Tâme qui la transportent dans Tinyisible. La musique soumise également aux lois du rhythme atteint seule ces régions profondes que la parole ne peut ni pénétrer ni exprimer, ce domaine de FinefFable, pour employer le mot de saint Paul, où se forment les soupirs du moi supérieur que le chant seul emporte au ciel. Le cantique avait ainsi sa place marquée dans le culte chrétien. En outre, il devait être plus
* Conêé. oposi., VIII, 12.
LES PSAUMES PREMIERS GHAffTS DB L'ÉGLISE. 8tt
dipectemeiit qae 1^ prière la Toix i^éma de rassemblée in la faisant participer aetiTement à rador^tion com<^ mnne. Ce n'est pas la froide synagogue qui a été son tareeaa, on n'y chantait pas les louanges de Dieu, tout n bornait à la lecture des livres sacrés et & la prière < . n Tient directement du Temple et de cette grande poé^ rie hébraïque dont les lèvres ont été touchées par le diarbon de fea de Tautely d*nn lyrisme û granfliose et d%m pathétique si émouvant; jamais la douleur et lef as^ pirations du C(]^ur humain n^ont trouvé une expression plm Traie et plus sublime.
Tout d*abord TEglise se borna à chanter les Psaumes iiA>retix« Elle se souvenait que Jésus avait chanté avec sea disciples le psaume pascal dans la chambre haute de Mrttialemt lors de la célébration de la première euchar ffistie) qui demeurait pour elle le type le plus élevé de sm culte. Cet usage ne fut januds abandonné par die.
Le livr^ n des dmêtittitUms apostoliques porte l'ordonnance suivante : < Que l'un des lecteurs chante Im hymnes de David, et que le peuple chante après lui le* derniers mots ^. » Saint Augustin n*est pas moins Ckpiieite : « Chantons le psaume, nous exhortant et diaôns tous d'une voix : Adorons, prosternons-nous et pleurons devant Dieu notre créateur ^. » Quand il i^âgit d^exprimer des sentiments qui, comme Tadora- Uon el le repentir, sont aussi bien appropriés au cbrisr-
* Luc IV, 17. Actes XV, îl.
à»jpwMxia (nvcMJMcXXéTb)» {Contt. apo$t,^ H, 57.)
* Ac^lîiStin^ Sermo i^ de verbis apostoliCé