LA CÉRÉMONIE DU BAPTÊBAE
à ce que le baptême des enfants, qui était l'exception au second siècle, est devenu la règle depuis la confusion de FEglise et de TEmpire. Il est certain qu'il remonte à répoque dont nous retraçons Thistoire, bien que, comme nous rayons déjà établi, il soit impossible de prouver son origine apostolique \ Au second et au troisième siècle, il est en usage dans toutes les Eglises ; les protestations de TertuUien suffiraient à elles seules à le prouver. Il n'en demeure pas moins qu'il prend une tout autre signification quand il occupe une place secondaire dans les institutions ecclésiastiques que lorsqu'il joue le rôle principal, comme depuis le cinquième siècle. Quand le baptême est considéré principalement comme l'introduction des jeunes générations dans l'EgUse, il confère au christianisme deux caractères qui sont contraires à son esprit véritable. Tout d'abord il en fait un nouveau judaïsme, une religion transmise par héritage et liée à la famiUe, au lieu de lui donner pour base la foi personnelle. Ensuite il tend à transformer la grâce divine en une grâce sacramentelle et magique qui agit en dehors de l'activité morale, puisque celle-ci n'est pas exigible du nouveau-né. Il n'en est! plus de même lorsque la règle, ou du moins le fait dominant, caractéristique dans l'Eglise, est le baptême du catéchumène longuement instruit et éprouvé. L'action magique du sacrement disparaît dans la proportion où l'activité morale est mise en jeu. Le baptême des en* fants, s'il est pratiqué dans un pareil milieu et sous des
^ Voir la note 6 du deuxième volume de mon Histoire des trois premiers siècles de V Eglise chrétienne (p. 488).
LE BAPltlIE Dis ADULTES £ST LA RÈGLE. SI
inflaenees de ce genre, ii*est plus considéré comme an sacrement prodnîsuit par loi-méme — ex opère opemlc — la Tîe divine. Il n^est plus qa'one consécration de Fen&nt à Diea« une anticipation sor Fayenir qui ne détroit point la nécessité de la foi personnelle ; le commentaire liturgique qui loi est donné atteste la nécessité de cette foi. En outre, tant que le catéchuménat adulte est la règ^e, la société religieuse ne saurait se confondre ayec la société civile et reposer comme elle sur la simple naissance et la coutume.
Le trait essentiel des institutions du second et du troisième siècle est précisément la prédominance du baptême des adultes précédé par le oatéchuménat. Le caiéchnménai est un crible qui, dès le premier jour, sépare la mauvaise herbe du froment. Le baptême n*est point cette large porte ouverte aux peuples inconvertis pour être introduits dans TEglise par un rite et une f or^ mule. S*il se distingue du baptême juif des prosélytes par son caractère d* universalité qui ne le lie à aucune nationalité, 8*il est dans ce sens élevé vraiment humain comme la religion dont il est le symbole, il n'en est pas moins célébré comme un de ses mystères; il n'est pins administré en public comme à l'époque précédente, TEglise n'en fait pas un spectacle, mais une initiation privée qui ne doit avoir pour témoins que ses fidèles. Il n'y avait pas pour elle de meilleure manière de montrer que le baptême n'appartient qu'au fidèle qui a donné des gages de sa foi. Tout changera quand l'idée de la vertu sacramentelle sera prédominante et que le recrutement de l'Eglise