CANTIQUES HÉRÉTIQUES
louange dans son Eglise de Gésarée, il sooleya une l*"
réprobation universelle * .
Les cantiques chrétiens paraissent s'être multipliés dès cette époque. « Un grand nombre de psaumes et de cantiques, lisons-nous dans un ancien écrit cité par Easèbe, ont été dès le commencement écrits par les Pères à la louange du Yerbe de Dieu qui est son Christ^. » On ne I se contentait pas de les chanter à TEglise, mais d'après Clément d'Alexandrie, on aimait à les redire à toute heure du jour e| en toute circonstance, qaand on labourait ou que l'on naviguait'. «Youlez-vous des cantiques et des chants^ dit Terlullien aux chrétiens pour les détourner du théâtre, nous en possédons en quantité suffisante^. > La plupart de ces premiers poètes chrétiens sont inconnus ; on ne cite qu'Athénagore et Népos ^. »
Rien ne prouve mieux la valeur qu'on attribuait à ces premières hymnes chrétiennes que de voir l'hérésie s'efforcer d'avoir les siennes pour ne pas se priver d'un si grand avantage. Paul de Samosate avait été entraîné à la fâcheuse innovation que nous avons signalée par son opposition aux cantiques orthodoxes qui ne répondaient pas à ses vues unitaires®. Le gnostique Bardesane avait
i Eusèbe, H. E., VII, 30.
àBsXçûv. (Eusèbe, H. E,, V, 28.)
^ r£(i)pYOU[jL£v atvouvreç , '^rXéoiJLîv Oijlvouvts?. (Glém. d'Alex., Strom., VII, 17, 35. Gomp. Orig., De orat., 2.)
'■* « Si scenicae doctrinae délectant, satis versuum est, satis etiam canlicorura, satis vocum. » (TerluU., De spectacuL, 29.)
5 Basil., De spiritu sanclo nd Amphil., c. 29. Eusèbe, H, £., VÏI, 24
6 Eusèbe, H. E., VII, 3.