‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 132 sur 236 · CHANTS ALTERNES · texte numérisé non relu

CHANTS ALTERNES

composé des cantiqaes tout pénétrés de son panthéisme dualiste ^ D*autres gnostiques paraissent Tavoir imité *• Apollinaire en avait également composé^.

Nous n'avons que des renseignements très-incertains sur la musique de ces premiers cantiques chrétiens. La plupart étaient chantés par rassemblée entière. Ce n'est que plus tard qu'on lui fit une loi d'écouter l'officiant en se contentant de répéter les finales en guise de refrain. Encore cette coutume ordonnée par le concile de Laodicée, dans un sens entièrement clérical, ne parait pas avoir été générale *. Ghrysostome déclare de la manière la plus positive que dans les premiers âges de l'Eglise comme de son temps toutes les voix s'unissaient dans le cantique. « Les hommes, dit-il, les femmes, les vieillards, les jeunes gens, ne se distinguaient que par leur manière de chanter, car Tesprit qui dirige la voix de chacun fait de toutes ces voix une seule mélodie ^. »

L^antiquité chrétienne connaissait pourtant les re-

frains et surtout les chants alternés dans lesquels deux chœurs se répondaient. Ceux-ci paraissent remonter da moins en Syrie à une date très-ancienne, car, d'après un récit légendaire rappelé par l'historien Socrate, ce mode de chant aurait été révélé à Ignace,. Févèque

1 Sozoniv H. E., m, 16.

* Tertnil.^ De carne Christi^ 20. Irénée^ Adv. hxres, III, 15.

» Sozom., H. E., VI, 25.

^ ConciL Laodic.y c. 15.

'^ Suvfjeaav xb luaXatbv aTcavreç xat uTcé^J^aXXov xoivt) tîjv èxiorou 9fa>VY)v xb -juveufji^ xepiaav, iJL(av èv S-rca^tv èp^oÇeTai tîiv [ji£Xo>S(av. (Ghrysost.^ BomiL 36 m CorirUh,)

aaa soiplioté de Là mitsique vocale des grecs.

d'Antioche, dans une visioB où les chœur» célwtea In seraient appanis ainsi disposés. Cette tisiom ft*était qa*an souvenir de Textase dn prophète Esaie tt des descriptions grandioses de TApocalypse. H est certain que les chants alternés remontent an second siëcle, qu'on doive ou non les attribuer à Ignace ^ L'Occident ne les a adoptés que beaucoup plus tard, probablement sous rinfluence d'Ambroise, qui fut le grand BUlitare do chant sacré au quatrième siècle.

Les chrétiens ont dû pour leurs mélodies se rattacher & la musique juive et aussi à la musique grecque; il est impossible de déterminer la proportion et le caractère de ces emprunts. L'art musical en Judée avait plus d'ampleur et de solennité que de variété ; la Grèee l'avait davantage cultivé. La musique y atait été en haute estime. Le vieux Pythagore y avait vu comme un écho de Tharmonie universelle des mondes et Platon, dans sa république idéale, l'avait considérée non comme un vain embellissement de la vie mais comme un moyen d'éducation morale, capable de donner le sens de la mesure en toutes choses. La grande musique classique avait la même beauté chaste, la même pureté de lignes que nous admirons dans la statuaire de Phidias.

La musique vocale, la seule qui ait été usitée dans l'Eglise primitive, manquait des ressources si riches et

» Socrato (H. E., II, 8). Théodoret (H. E., Ilï, 24), prétend que le chant alterné n'aurait été introduit à Antioche que sous Constantin par les moines Flavianus et Diodorus. La contradiction entre Socrate et Théodoret est levée par Théodore de Mopsueste, cité par Nicétas, qui tait remonter au cinquième siècle la traduction du syriaque en grec des chœurs alternés. (Nicet., Thesaur. orthod,^ Y, 30. Voir Abdt,, ouvr. cité, p. 889.)

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