‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 133 sur 236 · LA MUSIQUJS CHRÉTIENNE EN GARDE LA TRADITION · texte numérisé non relu

LA MUSIQUJS CHRÉTIENNE EN GARDE LA TRADITION

Bi nuaneéed dont ce grand art dispose àatiA les temps modernes* Le s;)rstèine de tonalité ayait pea d' étendue} le chant ne dépassait pas deux ootaTeS et préférait se mouifoir dans les limites d'un seuL La musique était toujours subordonnée â ia poésie; elle UTait surtout le caractère d*un récitatif. Le chant choral n'était qu'à une seule partie et se contentait de Tunisson^ bien qnll admit une différence d^octaveë entre les hommes et lés femmes ^

« Dans la musique de Tadcienne Grèce, dit très-bien M. Genraert, ce n'est pas la magie des timbites, Teffet saisissant de rhatmonie^ qui Constituera la yàletir de Tcâu- Tre^ mais bien la i^Ureté du Son, la beauté de la mélodie; la par&ite appropriation de la forme rhythmique ad sentiment exprimé. Un dessin mélodique^ sobre de contours et d'expression, indiquant le sentiment général par quelques traits exquis d'une extrême simpliaité et accompagné par un petit nombre d'interyalles harmoniques, voilà comme nous devons nous représenter rœovie du compositeur antiqUe« Si l'on nous demande comment avec des éléments aussi primitifÉ^ il a été possible de créer des œuvres vraimeht belles, nous répondrons simplement en renvoyant à quelques compositions chrétiennes, le Te Deum par exem' pie *. »

Le caractère et la destination du culte chrétien ont

^ Friedlander. Mœurs romaines du règtie ttAkguatê au siècle des AfUonifu. Tradaciion dé Ch. Vogel. Vol. UI^ p. 8S6^3S7.

s Histoire et théorie de la musique de Fantiquité^ par Aag. Genraert. Gand, 1875, Tome !•', p. 85.

332 LA sniPUCITÉ PREMIÈRE DU CHANT LONGTEMPS CONSERVÉE.

conduit TEglise à reproduire cet art si simple^ si pur et si bien approprié à ses chants sacrés. Elle a été la gardienne des meilleures traditions de la musique classique à répoque. où un art rabaissé, qui multipliait ses emprunts à rOrient et surtout à TEgypte, ne cherchait par la combinaison des instruments et des Toix qa*à flatter et à exciter les mauvaises passions, surtout dans les festins luxueux où tous les vices se donnaient rendezvous, comme dans les théâtres et les pantomimes *.

La musique instrumentale fut bannie du culte chrétien jusqu'à la paix de TEglise.

D'après Clément d'Alexandrie, la voix humaine est la seule harpe digne duYerbe de Dieu ^. Il veut que les chrétiens évitent avec soin dans leurs maisons tout ce qui rappellerait une musique mondaine et compliquée. « Nous ne devons admettre, dit le même Père, qu'une musique tempérée; il faut rejeter par-dessus toutes choses les molles harmonies et les artifices des voix cadencées qui plongent l'âme dans l'ivresse des mauvaises joies '. » Ce qui était vrai pour les fêtes de famille l'était encore bien davantage des solennités religieuses. Les chrétiens paraissent, jusqu'au quatrième siècle, s'être conformés à ces prescriptions. « L'Eglise primitive, dit Isidore de Se ville, chantait de telle sorte que les modulations de la voix s'élevaient à peine au-dessus de la parole ordi-

1 Clément d'Alex., Pœdag., Il, 4, 44. Friedlander. Ouvr. cité. T. UI, p. 368-370.

« Clém. d'Alex., Strom., II, 4, 43.

* Kal fàp àp|jLOv(aç -jrapaSexTéov Tàç a^^povaç, diiuoTaTU) Sri fjLàXiara toç Gypàç îvrwç àpfJLOViaç. (Clém. d'Alex., Pxdag., lib. II, 4, 44.)

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