CÉLÉBRATION DU BAPTÊME. Î
celles-ci : don de Dieu% illumination^ natilrité spilitoelle ^9 oa enrôlement *. Le point de Tue de Fancienne Eglise est résnmé par les mots de mystère et d* initiation, qui étaient d*an fréquent nsage.
La célébration da baptême était une des plas imposantes cérémonies de Fancienne Eglise. Elle parait avoir été encore trèSHsimple dans le premier tiers du second siëcle, an temps de Justin Martyr. On retrouve bien dans la peinture qu'il nous en trace les formes essentielles du rite, mais elles sont bien moins assujetties à des règles fixes et elles écartent toute influence sacerdotale. Sa célébration n^est pas encore rigoureusement secrète. « Ceux, dit Justin, qui avec une pleine persuasion ont cru que ce que nous leur avons enseigné est conforme à la vérité et ont déclaré pouvoir mener une vie chrétienne, sont invités à unir le jeûne à la prière ponr demander à Dieu le pardon des péchés qu'ils ont commis, et nous aussi nous jeûnons et prions avec eux. Nous les conduisons ensuite à un endroit où nous trou* vous de Teau et ils reçoivent leur régénération comme nous Tavons reçue nous-mème; car ils sont plongés dans Veau au nom de Dieu, Père et souverain de toutes les choses qui existent, de Jésus-Christ notre Sauveur et du Saint-Esprit^. » Le baptême ainsi compris ne saurait <tre assimilé à la régénération elle-même, il est certain qa*Q ne la produit pas d'une manière magique, et que
* Gregor. Naz., Oraiio, 40.
* Clément d'Alex., Psedag., f, 6.
' a Gensus Dei. » (Terlull., De baptismo, c. 17.) Voir sur ces diverses dénominations da baptême, Aagasti, Archéol,^ t. II, p. 309 et suiy. ^ Justin Martyr, ÂTpol.^ I, 61.
24 SIMPLICITE DU ttlTE AU TEMPS DE JUSTIN.
cette identification du signe et de la chose signifiée dans des expressions pent-étre imprudentes, n'a aucune importance. Le néophyte est déjà renouvelé moralement quand il s'approche du fleuve où il va être plongé. Il a confessé sa foi et s'est déclaré capable d'entrer dans la vie nouvelle, ce qui implique qu'il la possède déjà. Justin Slartyr nous le montre préparé par une instruction préliminaire sérieuse au grand acte qui va s'accomplir. Quant à cet acte lui-même, il n'est rattaché de son temps à aucune date fixe. La condition morale de la foi suflSsante importe seule. Il n'est pas non plus célébré dans un lieu déterminé. Gomme Lydie, la marchande de pourpre, convertie par saint Paul à Philippes, le néophyte est plongé dans la rivière voisine. Enfin, le grand oflSciant n'est pas un sacerdoce spécial, qui n'existe pas, mais l'Eglise elle-même priant et jeûnant avec le catéchumène; elle a le sentiment de présider tout entière à son baptême, quoique très-certainement ses anciens et ses diacres figurent dans la cérémonie comme ses représentants. Justin Martyr, qui est un laïque, parle en son nom comme au nom de tous ses frères, quand il dit : « Nous conduisons les catéchumènes à un endroit où il y a de l'eau * . » Cette immersion et la bénédiction au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, semblent avoir été les seuls rites du baptême à cette époque. Il a encore son caractère primitif.
C'est vers la fin du second siècle et le commencement
* "Ayonat uç ' yjijlwv 2v6a OSwp 2(jt'.. (Justin Martyr, ApoL, l, 61.)
DATES Dl^ RAPTÊME. S3
do troîsièiiie qu'il a été soumis à des règles mieux déterminées et qu'il s'est enrichi d'éléments symboliques qui étaient dans le goût du temps et en conformité avec le génie poétique de FOrient, surtout dans cette Eglise d'Egypte qui nous fournit sur ce point, comme sur tant d'autre, le document le pins complet et le plus authentique. C'est d'après sa Constitution copte ^ complétée et commentée par les autres constitutions apostoliques et les écrits des Pères contemporains, que nous décri» rons le baptême tel qu'il se célébrait avant Nicée, au temps de Tertullien et d'Origène.
Deux dates solennelles sont désignées dans Tannée pour le baptême. Il estcélébré, soit dansla grande yigile de Pâques, dans la nuit du sabbat commémoratif de la crucifixion, soit à la veille de la Pentecôte *. Ces deux fêtes rappellent en effet, d'une manière toute particulière, les divines réalités dont le baptême est le signe. M*e8t-il pas tout ensemble une mort et une rénovation, l'identification mystique avec le Christ crucifié et ressuscité? Ne fait-il pas luire une Pentecôte nouvelle pour le néophyte qui se sent baptisé d'eau et d'esprit? Plus tard TËpiphanie fut aussi choisie pour la célébration du baptême, par la raison que la vie nouvelle est une naissance du Christ en nous. Evidemment, cette détermination de dates solennelles ne porte que sur le baptême célébré devant l'Eglise. Il a toujours été admis que dans les cas d'empêchements majeurs ou de maladie, il pouvait être administré à do-
* « Diem baptismo solemniorem Pascha prsei^tat. Ezinde Pentecoslo ordioandis lavacris latissimum spatium esl. » (TeriuU.^ De baptismo^ 19.)