‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 158 sur 236 · LA FAMILLE PAÏENNE · texte numérisé non relu

LA FAMILLE PAÏENNE

un ëlargissemeiit dans les idées. Cependant le principe fondamental de rancienne société romaine subsiste» prêt à 86 redresser dans son âpre rudesse, comme une barre de fer un moment détendue ; le séparatisme qui sacrifie l'idée de Thumanité aux différences secondaires ou artificielles n'a point cédé aux aspirations des esprits élevés qui surpassent et deyancent leur temps ; il subsiste dans la maison de famUle comme au forum, bien que quelque peu modifié dans le sens de Téquité et de la blenveillanee. Cest qu'en réalité les anciennes croj^anœs qui Font fondé n'ont pas été réellement remplacées dans la conscience humaine, elles y sont émoussées, mais aucune foi religieuse puissante n'y a écrit une loi BOOTelle qui puisse transformer les institutions. Il ne fiint pas s'y tromper, les modifications profondes dans la législation ont beau conseryer la forme froide et abstraite du droit civil, elles ont commencé toujours par être tracées en lettres de feu dans Fàme vivante d'une nation, et pour cela il ne faut rien moins qu'une révolution morale. C'est ce qui a manqué à la société romaine au commencement de notre ère. Elle a dû en grande partie les progrès très-incomplets de sa législation à Taffaiblissement de la foi religieuse qui avait constitué le foyer antique. Comme cette foi n'est pas réellement remplacée, c'est le scepticisme moqueur ou licen. deux qui le plus souvent abaisse la barrière des classes

/tu du règne des Antonins, par Victor Duruy. Vol. V. Hachette^ 1876.

6) Éêsai historique sur la société civile dans le monde romain et sur sa transformation par le Christianisme. Ouvrage couronné par rAcadémie française, par Charles Schmidt^ professeur à la Faculté de Strasbourg. 1853.

7) Les apôtres, — Saint Paul. — L'Ànteckriitf par Ernest Renan.

38S BASE RELIGIBim BB LA FAULLE PAÏENNE.

sans pourtant k renterser, et «¥ee M sepcnl ii lité relative desjoors ascietts^ L» famiHe rconaiiie «al I la fois élargie et perrertie par Fempirei et malbearensèment son élargissement est bien moins réel et {nnv | grésse bien pins lentement qne sa eorroptio». Bie conrt le risque de périr par Fabandon de la foi rdi* giense, sans abontir à un ^rentable affranehissement qàt ' mette fin à son principe d'exclanon. Les idées plos humaines qui circulent dans Tair an sein de cette dégradation croissante des mœurs ressemblent à ces lueurs brillantes et fugitives qui s*élèTent le soir des grands marécages, — elles ont leur éclat vacillant et ne peuvent donner une sûre lumière.

La société, pas plus que T homme, ne vit senlenentde pain; elle vit d'une idée morale et religieuse qui lui sert de ciment, et qui seule est capable de faire triompher la loi sur la force, un certain ordre établi sur le déchaînement des intérêts et des convoitises contraires. Le droit n'existe que là où l'obligation morale est reconnue, et celle-ci s'appuie toujours, dans un peuple, sur une croyance religieuse. Un Dieu est dans toute loi, selon le mot sublime de Sophocle* La cité antique a dû toute sa force et toutes ses imperfections à ridée divine sur laquelle elle reposait. C'est cette idée qui a maintenu sa cohésion et fait sa durée. La croyance religieuse qui en Grèce et à Rome a présidé à la formation et à la conservation de la cité, était singulièrement étroite et puissante ^ . C'est la &millequi est

* La Cité antique, per Poste! de Coolanges. Parfe, HachelM^.^

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