‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 159 sur 236 · LB GUL3X DES MAHCS · texte numérisé non relu

LB GUL3X DES MAHCS

d*atord coDstHaée par elLa ; fa patrie ii*eii a été que l'extension naturelle. GlM>6e remarqnablel ce qu^îl j ft de plos iriTant, de pins puissant dans la famille, à*e8t le son^enir de cens qui ne sont pliis. Il semUe qoe la majesté de Fétre immortel lui soit apparne sor la face pàlie da père après qu^il iCnt rendu le dernier souffle; elle ne croit pas TaToir perdu; rimmortalité a brillé au trayers de la destructioui et la pre* niière fois qa^elle a entrera un monde invisible et 8ap6tienr, c*est au bord de la fosse où elle déposait son alief. Elle sent son esprit flotter autour d'elle, elle j leconnait le divin, et elle adore ses mânes après avoir déposé ses cendres sous la pierre du foyer qui devient aae pierre sacrée. Le culte domestique des m&nes ou des pénates est le culte primitif de la famille. C'est antour de ce foyer, qui est à la fois une tombe et un antel, qu'elle se réunit; chaque repas commence par uac libation aux mânes; il faut en leur présence se puliier de toute souillure et ne jamais négliger le sacrifice qui les honore. Certes il y avait une grande puissance naorale dans ce sentiment profond mêlé de tendresse et de terreur qui place toute la vie domestique sous fa protection de Tancètre devenu Dieu ; mais c'est à cette eareyance que la famille antique doit aussi sa dure étroitesse. Bien n'est plus inhospitalier que ce foyer qui n'appartient qu'à la descendance directe et masculine de raacétre. Ce qui est surtout honoré en lui, c'est legénéralear qui est supposé conservjex et protéger la vie qu'il a produite; c'est à son héritier qu'il en a légué le flambeau, — lampade vitœ. — Lui seul est le prêtre de la

38i ÉTROITESSE DU DROIT FAMILIAL.

maison et nul ne peut participer au sacrifice s'il n'est de sa lignée directe. L'étranger profanerait l'acte sacré, sa présence suffirait à troubler les mânes ; aussi le 'tombeau de Tancétre est-il caché ayec soin sous une pierre qui n'est connue que de la famille. Le culte des morts est essentiellement familial, comme l'indique cette expression caractéristique ^ar^^are * , faire acte de parenté.— Le mort qui n'a pas laissé de fils ne reçoit pas d'offrandes, dit Lucien '. On le yoit, la famille est un monde femé, et dans ce monde fermé le même principe de séparation domine encore. La femme ne participe au culte domestique que par Thomme ; c'est par son père tant qu'elle est à son foyer et par son mari dès qu'elle est incorporée à une famille nouTcUe, — de là sa perpétuelle minorité, son incapacité ciTile. L'enfant est' dans la même dépendance vis-à-vis du père; il n'est delà fiimille qiie quand il a été reconnu, accepté par lui, et il reste placé sous l'autorité absolue du représentant .de Tancêtre divin. Primitivement les esclaves n'ont aucun droit au sacrifice, ils sont comme les excommuniés de la maison, et peuvent être réduits à Tétat de vils instruments. Le droit familial exclut absolument le droit humain ; il y a contradiction entre Tun et Tautre, au nom même de la religion du foyer qui se rapporte à la divinité la plus jalouse qu'on puisse concevoir. Quand plus tard la famille s'agrandit par son alliance avec d'autres familles qui constituèrent la tribu, quand Talliance des tribus forma la cité, cellç-ci ne fut qu'un foyer élargi

1 Cicéron, De legibus, W, 26. Fustel de Ck)ulanges, Cité antique^ p. 33. « Lucien, De luctu.

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