LE DROIT HUMAIN NT EXISTE PAS
qui laissa subsister à côté de loi les foyers et les cultes privés.
Les diyinités domestiques s*encadrèrent plus tard dans le polythéisme naturalistei né du saisissement qa*éprouva Tàme humaine deyant les grands aspects de la natuiCt et surtout devant la manifestation de sa double force de production et de destruction. Elle les personnifia sous Tinfluence de ce sentiment du dirin qui est en elle et qu*elle répand sur tous les êtres orées, ayant de remonter à son principe et de le ressaisir dans sa pureté. Les dieux enfantés par la conscience grecque ou romaine remplirent pour la cité le même lAle que les mânes pour la famille. C'étaient les pénates de la patrie, qui elle aussi ayait son foyer ; à Bome on rayait placé dans le temple de Yesta, où devait brûler on feo perpétuel. Le même exclusivisme qui avait r^né dans la maison, régnait dans la cité; elle ne connaissait ni Tétranger, ni Tesclave; la population intermédiaire entre les esclaves et les familles qui aTaient droit au sacrifice était regardée comme profane ; elle se rattachait à la patrie par une chaîne d'asservissement bien plutôt que par un lien moral. De là la ligne profonde de démarcation entre les plébéiens et les patriciens on patres, c*est*à-dire héritiers des ancêtres.— De là ce droit domestique qui donnait au père la sonyeraineté absolue sur Tenfant et la femme, qu'il pouTait juger, condamner et faire exécuter au foyer, comme étant le seul roi de la famille, et son seul prêtre. Delà ces lois d'héritage si dures pour la femme, qui ne peut hériter en personne, parce que, le culte se transmet-
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tâttli de nàte en mêle, rhéritiige opii perpétaNs la prophète sïicrée doit suivre le cuite. Le fils seul sacrifiei ifrti, s«a père; voilà pourquoi il est tml héritier^ et. cpiiaad.il vient à manquer, les biens Tont au ooUaitânil màba on: à Tagnet. La filiation naturelle ne ciée aoonn dvnit ai alla ne coïncide pas avec la filiation iégale^ arvec colle quàeA reconnoe par le père conune oontânmnt la. lignée des ancêtres; aossi la première eède-f-elle teujuvs éevant la Sieecnde, qui est souvent créée pat Tadoption.. Le dnft de tester n'existe pas éàms cette antique constitutiaB de la famille; Tbomme n'est maître ni deses biens ni de Ini-mème; il appartient tout entier à sa maison, c'est^^* dire à ses ancêtres et à sa postérités
Ce droit si étroit et si dur fut, dans le cours des siècles, tempéré par plus d'un compromis, surtout i Bom& Les plébéiens y devinrent assez puissants pour avoir leur culte à eux et s'assurer, dans ime grande mesure, le droit politique. Néanmoins, la ligne de démarcation subsista toujours ; la séparation demeura absolue entre les hommes libres et les esclaves aussi bien qu'entre Les fils de la cité et les étrangers, c'est-à-dire entre la patrie et le reste du monde.
Il est certain que taut que la foi religieuse fut intense, elle conféra à cet état social une force extraordinaire et exerça sur les mœurs une influence saintaire. L'adultère, dans cette rigoureuse organisation de la famille romaine, était considéré comme un sacrilège,
1 Fustfil de Coulange.% Cité antiquey p. 80. Voir anssi Troploog : Dt Vinfluence du christianisme sur le droit civil des Romains, Paris, Hachette, 1869. G. d.
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«ar fl ftorieTersait à la fois le droit civil et le droit MSgieax. Ea matrone romaine filant de la laine an flbjer était considérée comme la gardienne du feu •ÉMré; la maternité conservait sa chaste dignité. Le |Mre était imresti d*une majesté réelle, bien que le f&ag qn*il faisait peser sur la maison entière parût BOUYcnt très-dur. L'idée de la divinité était sans doute Ineii rabaissée quand elle se réduisait aux dieux lares, mois elle se relevait par ce sentiment du divin qm» poor l*!dolètrey est toujours plus grand que son objet. L*liomme se trouvait en présence d'une puissance mystërieose qu*il n'osait offenser. Il savait que le sang répandu souillait son foyer et réclamait une expiation. La vie publique^ qui n'était que Tagrandissement dn foyer, n^était pas moins liée à la religion. La cité avait ses dieux à elle, qui étaient ses fondateurs ou les héros qui Pavaient défendue et sauvée. Du fond de leur tombe, ils étaient ses grands protecteurs. Elle savait aussi marquer de son empreinte nationale les grands dieux du polythéisme classique; elle choisissait Tun d*entre eux, sans se soucier qu'il fût adoré ailleurs, grâce à cette élasticité d*une mythologie aux contours indécis. L^autel de la cité occupait une place centrale, mais toujours cachée aux étrangers. Tous les grands actes de la vie politique avaient un caractère religieux. Le cens était une purification nationale, Feutrée en ^arge des magistrats était accompagnée de rites sacrés; c^est dans un temple que délibérait le sénat roumain, et chaque assemblée populaire commençait par un sacrifice. L'armée emportait avec elle son foyer sur