TOUT EST SUBORDONNÉ AU SALUT PUBLIC
ni sainteté, ni bonté, mais senlement un pouvoir capricieux dont on devait prévenir le courroux, il importait fbrt peu pour leur plaire de conserver des mœurs pores et une vie sans tache, il su£Ssait de leur rendre «n culte exact; aussi poussait-on jusqu'au scrupule robsarrance des traditions sacerdotales dans le sacrifice comme dans les formules sacrées. La religion n'était plus qu*un rituel surchargé, aussi n*exerçait-elle tfoe peu d'influence sur la vie morale. Il est d'ailleurs le Fessence d'une religion publique de ne se soucier fue . des actes sans s'occuper des sentiments et des mobiles, et dans les actes eux-mêmes de ne s'intéresser qn'à ceux qui peuvent avoir une influence quelconque sur la constitution ou les destinées de la cité. Une religion semblable a une fin toute terrestre et temporelle; elle cloue au sol l'âme au lieu de lui donner des ailes, et elle substitue à la conscience qui commande l'obéissance envers une loi supérieure, une conscience artificielle qui ne vise que les actes dangereux ou fâcheux pour la patrie. C'est la religion et la morale du salut public, qui laisse complètement en delMnrs d'elle ce qui ne touche qu'à la simple pratique da bien et au développement supérieur de l'individu ^ Cest ainsi que la morale romaine exige avec rigueur la monogamie ; elle commande la chasteté à la matrone, sans laquelle le droit familial serait compromis dans son essence, puisque la descendance directe ne serait plus assurée, mais elle se préoccupe fort peu des
' GasKm Boîssier, La Religion romaine d'Auguste aux Antonins. Tome Ir >
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390 (»>posiTrœï ENTRE LU iwhcm et imopai.
écarts de condaite du mari. CatoD, Is BoBiaia îdéil de la république, se vouire très-tolérant i «et égui pour lui-même, le concubiiMit ne lui iupire aucai scrupule. Toos les soins de rédncation. doivent 4tve accordés au fils qui succédera au père, à condttioa dV Yoir été reconnu, mais elle ne couTre d'anouiia piûtection Tenfaut qui n'est pas encore un hérUier^H fui est né en dehors du mariage légitime : c'est une iioih valeur pour la république; il se courte guère plus que Tesclave; le dioit humain, aux beaux sièelea de la république, n'est pas même invoqué en «a faveur. Il s'ensuit qu'une telle religion n'a aucune inflaemeesv la vie privée, et surtout sur la vie intérieaie, bien qu'on retrouve encore au travers de ses rtte« «t de ses formules le fonds inaliénable du sentimentmoral primitif. C'est à la même cause qull faut attribuer le coBtraste si frappant, dans l'ancien droit romain, entre la jnatiee et réquité. La justice, à Borne, est comme la religioD : elle ne tient pas compte de la valeur intrinsèque de l'acte, mais de son utilité sociale; elle ae se «oucie pas du droit naturel, mais seulement de ce qui contribue au bien de la cité. Dans la famille, le sang et b nature ne sont rien, ce qui importe seuli c'est le lien civil de la puissance. Gomme l'a dit M. Troplong, « la famille n'est pas autre chose que l'ensemble des individus reoonnaîssant la puissance d'un seul chef, et k tyrannie de celui-ci est coosacrée expressément devant la loi. Quiconque relève de cette puissance est dans la famille ; quiconque en est affranchi, fût-il enfant ou descendant, est exclu de la £a-
DÉMORAUSÀTfON GRADCTELLB DI LA FAMILLE. »1
'^«illtl *. » Ge n^est pas le mariage, biem que régoUèiie- I tti0Bt eontrattti, qui lalteBtrer la &nn»e dans ia mm^ên r'4la nari, ce sont «ertaimes eérémotiies toates •cÎTÂtes t'qôi 8^ ajoateat. Le fila, même légitime, peut être - Mpplanté par Tadoptiou et rejeté tein de la famiUe. TowjiMMni te droit civil est au-dessus de la nature. Le <«! du Miiglrowe Rome sourde et impassible. Pour que ^^neuté ^isse se taire entendre, il âmt, comme le ^ dit Tico, ^'eHe rervéte le masque ^vil. « D'après là tei -4m Douze Tables, ee qui oblige Thomme, ce n'est pas la ^«isemsdence, ce^*est pae la notion du Juste et de Tinjuste, «tafift la fcmnle, c'est la leKigien de la lettre -: uti Wtb§ma ' mtmeupâmityitn jus esH. Tout ce qui est eu dehors ihe la ' fftxnule employée est c€«rsë ut pas aTOirjélé proaoocé^. » 'On TOit que 'Si la reiîgtoR de la famille, en de<veaaat 'kl irefigimi de la oîflé, s^ëleva d%n degré en vemplaçaut leirnïte ties afeux par <f^m de diViaïlës mcms locales, «Ae ne gagna cas moralement A ee progrès, o«r elle #e^iDt -ainsi de phis en plus politique «eft extârieuift. fiUe sanctifia toujours plus les meyeM par la fin, qui tttfljt pour elle le salut public, «lors que les moyens ' ainm 'sacrifies «èlaîent la pitié, la justice, q«i sent à eUes seules des feruts, tH les pli» nobles de tous. Il n'eat ^Bc pas ^éftonmmt que Taotion léélétôre d'an paoreil syrtème reHgieusL se i9oil: exercée sur la ftuniUe romat ne «nintmème que l'antique Ifcû ettt été miBëè par on scepticisme général dont l'effet deyait être plus fatal encore.
^ Troplong; De Vinfluence du ckriaHnnSmm Mr ie drmi viùil des Romains, p. 21.
* Troplong. Ouvr. cité^ p. 4a.
Zn LE THÉÂTRE DE PLAUTB.
Si Ton Yeut se représenter ce qa*était la yie piiTée des Somains deux cents ans ayant Jésos-Christ, on en trouYe un Yivant tableau dans le théâtre de Plante, avec le vigoureux relief de ce génie comique plein de hardiesse. Même en faisant la part du yerre grossissant dont use toujours la comédie pour exciter k rire, on se sent en pleine réalité. Nous sommes bien dans Fantique maison romaine, ayec son culte du foyer, qui est le centre de toute la yie domestique. La mythologie grecque y a déjà fait invasion avec ses tàbkê souvent corruptrices ; seulement, le rude génie romain lui a enlevé cette fleur de poésie qui Tidéalisait quelque peu, elle est devenue une histoire comme une antre, capable d*exercer une séduction grossière. Aussi voit-on un mari défendre à sa femme d*honorer les dieux mâles dont F exemple est corrupteur. Le vieux culte des pénates subsiste néanmoins. On ne craint pomt de demander la protection de la divinité pour commettre le mal * . Le droit familial est intact dans toute sa rigueur. Le père de famille est le maître absolu de sa maison, tenant sa femme dans la plus absolue dépendance, lui refusant tout pécule ^' armé d*un te pouvoir sur ses filles, qu*il peut les contraindre à former un nouveau mariage dans Tabsence de leur mari ^ ou bien contraindre la vierge à se faire courtisane *. Sa domination sur Fenfant n'est
* Casine, v. 238. L'Homme aux trois deniers^ v. 17-20.
* Casine, v. 97, 98.
' C'est toute Tintrigue du Stichus.
^ « Tua istœc potestas est. o
{Persan., v. 341.)