‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 163 sur 236 · LE THÉÂTRE DE PLAUTE · texte numérisé non relu

LE THÉÂTRE DE PLAUTE

pas moins absolue : il ase largement da droit d*expoûtion. L*nn des coups de théâtre les plus piquants des pièces de Plante est précisément la reconnaissance soudaine par le père d*un enfant autrefois exposé. Le fils, ' qpi sera plus tard rhéritier des biens de la famUle, est tenu dans une sujétion dégradante qui prolonge sa minorité. C'est à peindre Tesclayage, comme nous le verrons plus tard, que Plante a surtout consacré son énergique pinceau. Nous sommes donc bien en présence de Tandenne société romaine avec ses institutions fondamentales. Chacune de ces institutions réyèle son yice, parée que le souffle moral et Vraiment religieux qui les animait au début ne les pénètre plus. Sans doute, au traTors de toutes ces infamies, la conscience élève parfois sa grande voix, comme pour nous rappeler que rhomme ne saurait tout à fait abjurer sa nature première. Tantôt c*est une jeune femme, qui, pour arrêter son père au bord de Tinfamie, lui représente que, ai à la pauvreté se joint la mauvaise renommée, la pauvreté devient plus pesante, et que le déshonneur est immortel et vit toujours quand on le croit mort ^. Ailleors c'est une épouse fidèle qui ne veut pas laisser rompre le lien conjugal sous prétexte que son mari est pauvre. « Mon mendiant me plaît, dit-elle, comme un roi à sa reine '• » Ou bien c'est un misérable esclave qui, au moment de se sacrifier pour un maître aimé redit, après

1 a Nam si ad panpertatem admigrant infàmiœ^

Grayior paupertas fit. »

(Persan,, v. 354-855.) * « Placet iile meus mihi mendicos; sans rex regiDse placet. »

{Stichus, y. 132.)

394 LE THBAimE VR fULVTE.

Aotigone, ifae cëhii qu nesrt pour ht ««rtm ne périt {NUS ^ Mais ces poves Iseiirs ne sost qfoe fogitiia itt fiomt ii*aaiant pias ressortir rabjeetion générale de h ?ie. La souYeraineté du père K*a pins sa majestéi il a trop souillé ses cheveux blancs dans ta déimnefae pnr qn*on y Tote antre chose qu'une tyraaiMe déteatsMe -dont il faut se débarrasser par la tromperie* Ce qu*il j a de plus graw, c*est qne ie droit à la déhanche têt reconnu pour le mari, pourru que le maringe sotaîsle dans ses effets eiyils^ et c^eisA le pèoe aéoie de T^Mne offensée qui s^efforoe de la ramener à la raison.

La matrone se venge de son nan soit par son JtanvMr acariâtre servie par un insupportable taliH, aoit en le faisant tomber dans quelque piège grossier pour étaler ses vices honteux, soit en favorisant les roueries et Icb débauches de son fils. Celni-oi use d« grand moyen de la faiblesse sans moralité pour s'affranchir d'an joug odieux ; il trompe son père de tontes les façons. L*esclave est toujours son complice, et se venge snflsamment de ses maîtres en ks corrompant. Le pèpe, isolé comme tous les tyrans, a pmr héte habituel le parasite qui paie par ses flatteries grossières les orgies auxquelles îi prend part. « A table, dit Tun de ces êtres dégradés, on défend ses antels et ses foyers^ » Plante met sous nos yeux Tune des plus affrenses conséquences de Texposition des enfants; grâce à cetle

« Qui per virtutem perbitat, is non iment. »

{Captifs, V. 623.) u Nam ibi de diviois atqae humams «ennîtur, »

(L'Homme aux trois deniers ^ v. 486.)

UETB&kfBB DB TÉRENCS. 39S

oontome iarbare le marché de la porofititotioA recrute MH peiw d^iiiBDiiibrables oourtisaBes cpii prennent ftOQB ies iges dans lenurs ttetSg et la pius grande âioilité wt accordée au vices «oon^M a&tiire qui sont aoceptés rasHue nie loi natsreUe ^ Anssi cette maison deiamille awc fiOttioyi^ sacré, avee te feu puiifieateur qui deyak imqears Itfùler surrautel domestique^ est sans pureté «Mune saM amour Téritable. £n face d*elle , le lufMoar «TouTre toujours plus largement à tous les Ages comme fine -sorte d'institution reeonwia, quand bien même on n'en franchit la porte que pour Yoir dévorer sans c^oar <e qui passe de Tanire •cAté des yerrous^.» C*iest inem la matsou inâLme de kt iemme étrange liAtie BUT le sépulcre, selon Texpressiou de rÉmftuxe. La cMirtisane est « oomme une mer qui engloutit èoolt ce 4U*om loi dionne sans riem garder. » SSa devise est cette pande caractérislique qu'une vieille imalinone adressée mte jeune hétaïre au début de la cariière : ntsfuem am^s^. •^ ff 'mime pas, — Le métier est perdu si un AMctTemeni A^aeKïur désintéressé a fait battre son coMir.

iln d«mî-siècfe plus tard, txn diraijt, à en juger par le théâtre de Térence, que les m<eurs se sont adoucies, que la feienveiflance a gagné les eœivs; des perapeotiTes iBemuaues au passé s'ouvrent^ Tesprit est plus lu^e^ pAuB libres rbumaaité apparaît danks na viers subUœ SM3 signifiait pas d'abord tout ee qu'on y a v«

ttmiD SMR et ni tuanmi a jb aUaonm pett.

* Le Brutal, v. 32%.

* La Cassette, v. Hl.

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