‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 165 sur 236 · INFLUENCE DE LA CONQUÊTE ROMAINE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA CONQUÊTE ROMAINE

Sdpion deyaieRt en être une peinture aussi fidèle qa*animée.

L'influence de la Grèce a bien quelque peu modifié et adouci l'ancienne constitution de la société romaine au foyer comme dans la yie publique ; elle subsiste néanmoins dans ses traits essentiels. C'est deux siècles plus tard que s'opéra la décisive transformation qui inaugura le régime de la Bome impériale. A cette grande dite nous voyons se développer les deux influences qui ont le plus contribué à élargir F esprit, à lui faire entrevoir l'humanité au travers de la cité, et pressentir sinon consacrer le droit humain au lieu du simple droit dvil^ toujours dur et étroit. La conquête romaine et le stoïcisme ont agi de concert pour produire ce résultat^ qui est resté très-imparfait et très-limité. On ne peut encore parler du stoïcisme à la veille de l'empire ; la philosophie de Gicéron se rattache à la nouvelle académie et lui emprunte ses intuitions généreuses sur la république du genre humain. Dès cette époque, la première cause de l'élargissement des idées déploie toute sa puissance et ne fait que s'accroître par les conquêtes de l'empire. La domination de Rome s'étend en Orient et en Occident sur des peuples de toute langue et de toute civilisation. L'antique cité devient trop étroite pour servir de foyer à cet empire immense. Le droit civique, d'abord accordé aux Italiens, finit par i*étendre aux provinces par le fameux édit de GaraoaUa: Évidemment, une telle concession si étrangère à la constitution première de Rome est une révolution aussi bien dans les idées que dans les faits. Gependant

398 INFUfENGE DR LAGONQUÈIE: BeHlOlB.

on as tmayerait ai Vdii tf imaginatt qa'dttè » Mft pou créer le droit humain dégagé de tonte attache à ]m eîtfc La oité ii'eifc agrandie dana des propoctiona Tmânant considérabies , m»a ce qni teste en dcham d^ette^k saatage et indoBiptaUe fiemanie, te&Pavtbea, ton» aen eafln qnvn*appartiennent pas enetMre à Borne, n'em aoaÉ jms moiaa regwdés comme barbares et les cirqneaiegorgent des captifs qne Ton rantee dea goenea kaoeasanlM destinées à protéger les frontièrea de Fempîte. £!é« trangev Tient de plus loin qn*aaitrefoéft, flaais M n^eniast fis moins en dehors du droit commuda; sa qualité ne la fn^ tége pas plus que TesclaTe contre les abus d& la ioresb. Il ne faut pas oublier non pfaia que le droit de cité était prodigué précisémen/t à Tépoque et dans le régnas où il était le plus ayiU. Les gnerres ci;vMe& avaient développé T esprit de vengeance et le mépris de la vie humaine ; des flots de sang avaient été répandus sans scrupule. On sait à quel point le régime impérial a foulé aux pieds tous les droits et toutes les libertés, réduisant le sénat à la plus honteuse dégradation, retirant le droit de suffirage au peuple et eoniondant tous les rangs dans une mente servitude avilissante. £a perdant ses droits politiques, le citoyen cesse d'être vraiment un homme. Tour à tour abaissé ou relevé aer Ion le caprice du maître,, il n'a plus ni dignité^ni garantie; c'est régalité de la servitude. En même temps le scepticisme se répand de plus en plus, on ne croit plus aux dieux. Impatient de jouir de tant de richesses accumulées, toujours incertain du lendemain dans r existence précaire que lui fait le despotisme,, le Bo<

nÉVATlAV DR Là MORALE SJÊOKOJSSE. ad»

Buâs: m: jttl» k Qttrps pend* émn^ la débmahe. GoMr iMirt, 4uii dfi: teMtea fuiméifangy fe ouiqvèt» dn moiiée «BBitrttUe iftstinnré Tidée d!kiimMiiM?

BDe a biittè d*im très-irif é«tet daas b noble philo* sepiâe C|Hk at été: la créatîoii la ptes origmale de Teapril ramaîn » dana œ atoicittoie aâ fier, ai éloqwBt, éaori Séiaèque a été Taptâire. Nom aiiona fait & ccAte éeete* Im. pank qai liû appartîea* dans l'histoiie aorale de revpine^., Koos ai^aiioDs pan hexiMaer denaoveaa Fei^ MMèIftda sa doctniHe, qni était plaMI ma règle de eoBH ^i^ine: philoaopliîe. £lle a fennulè raaité hneenuae on ne Taiait pas encore fail aidant elle dana randem mowle* 0» ne peai rien dhre de ptas déaisif à cet égard que le mot deSénëqne : Homo res saera hêÊÛrU ^. — Qaerhomme seil sacré pour rboncne* — Il a ocrtaîneBient tiré lea conséquences: de ce générenx: principe fn'it formulait d*une maniëve pins large encore* dans cette parele : « Nous reconnaissons le mcmdie entier pour notre patrie^. » Il a jMàé la caose de» faibles e« des ùfprimiêf et il a demandé qne Fesclave fût traité, non conme une bête de somme, mais^ selon son expression, comme un ami inférieur. Noos ne pensons pas que, pour pBBÉBBBes ces maxines d'universelle Inewfeillanoey i) aitoa Itesoio dTétre à Técole de saint Pacd, e« nova ren^ Tolfons à la légende sa prélendae correspondiance arec rApélre des gentils* . Une saine critiquen*aura poortant

* Voir le premier volume de cette Histoire,

* DêiranquHlitai^ ammi^ 8.

* Voir Aabertin. Senègue et saint Paul^ étude sitr les rapports supposés la phxhsophie et fapâtre (f 869|:

400 SON UIPUISSANGE A REFORMER LA SOGIEnC.

jamais le droit de nier absolument que la religion noayelle n*ait pu exercer une influence au moins indirecte sur les grands esprits du temps. Le christianisme, dès le premier siècle de notre ère, a^ait étendu au loin ses missions ; il avait pu répandit déjà dans Fatmosplière générale un souffle plus pur d'humanité. Il ne sera jamais possible de déterminer dans quelle mesure le stoïcisme en a été atteint. Nous ne Toulons en rien diminuer sa gloire ; il a certainement fortifié le courant des sentimoito de bonté, de fraternité qui deTait. plus tard, et sous une impulsion plus puissante, transformer la dure légialatimi de la cité antique. Il a contribué à la modifier sur plus d'un point dans le sens de Téquité, de la Traie toi naturelle mise au-dessus du droit artificiel et exclusif. Ce qui est certain néanmoins de Tayeu de ses plus chauds admirateurs, c'est qu'il n'a pu opérer dans les mœurs une réyolution profonde; il a accru les aspirations généreuses, il ne les a pas réalisées, il a fait mieux Yoir le but à atteindre, mais il Ta laissé à la hauteur d'un idéal encore lointain. Son impuissance à renouyeler la société s'explique par plusieurs raisons. D'abord le stoïcisme avait fait un faux calcul en croyant que la morale profiterait de tout ce qu'il enlèverait à la meta* physique, il s'était privé du levier le mieux fait pour soulever Tâme humaine en renonçant à agir sur la conscience religieuse ou sur la pensée philosophique. Ses maximes manquaient de point d'appui; elles ne pouvaient l'emporter sur les maximes contraires, qui étaient liées à tout un organisme religieux qu'il s'agissait de déraciner et de remplacer si on ne voulait pas

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