‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 167 sur 236 · SON IMPUISSANCE A RÉFORMÉE LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

SON IMPUISSANCE A RÉFORMÉE LA SOCIÉTÉ

flOQS le coup de cette parole ironique des témoins de r leur existence : aliter loqueriSj aliter vivis*. Autre était ^ . leur parole, autre était leur yie. On sait tous les accom- « jiodements de Sénèque pour les misères morales de son temps. Sérénus, son disciple le plus distingué, mélancolique amant de Tidéal, mourut, comme Claude, d'une ifldigestion de champignons.

Les plus nobles adeptes de T école furent aussi les plus désespérés, et c'est à eux que Ton doit cette apologie du suicide qui est le dernier mot du système et Tayeu de son incapacité à renouyeler Thomme et la société '. Nous ne saurions mieux conclure sur renseignement des stoïciens et en particulier de Sénèque, qu'en citant le jugement qu'en porte M. Boissier dans son beau liyre sur la religion romaine d'Auguste aux Antonins : « Bien n'était plus loin de sa pensée que de créer une sorte d'Eglise large et populaire qui pût recueillir et garder la masse flottante des esprits en quête de croyances précises. Sa philosophie hésitante ne contient pas la solution des grands problèmes que la raison se pose; sa morale n'est ni assez forte, ni assez sûre pour mettre le cœur à l'abri des orages de la yie. Sa parole enflanunée. pouyait causer chez ceux qui l'écoutaient Que sorte d'émotion fébrile; elle ne leur donnait pas on aliment qui pût leur suffire. Elle mettait les esprits en mouTement sans être tout à fait capable de les fixer. Aussi n*a-t-il pas trayaillé pour lui : les âmes qu'il exci-

* Sen. Vit. beaU^ 17.

• S6o. Bp,f 70,

Page 1