‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 170 sur 236 · PERTE TOTALE DES DROITS CIVIQUES · texte numérisé non relu

PERTE TOTALE DES DROITS CIVIQUES

Tais empereurs le droit privé a reçu quelques garanties nouvelles dans le texte de la loi, mais c'était une lettre morte qui n'empêchait pas la décomposition sociale de se poursuivre et la corruption des mœurs de grandir tous les jours. Le droit de cité avait été accordé aux nations, au moment même où il n*7 avait plus de droit civique réel, sauf dans les petites villes des provinces qui avaient conservé leur vie communale, et se trouvaient peut-être plus heureuses sous un pouvoir lointain, que quand elles étaient livrées à Texploitation des Yerrès. L'absence totale de toute vie publique, le déchaînement d'un despotisme sans frein, l'abjection du sénat servile jusqu'au ridicule, la prostration d'une noblesse qui, quand elle n'était pas aux camps, ne savait que dépenser ses trésors dans des fêtes souvent infâmes, la dégradation du peuple qui avait changé ses comices pour le cirque, et vivait de l'impériale aumône; tout cet ensemble d'institutions viciées qui constituait le régime impérial était plus fort que les meilleures intentions et les plus généreuses maximes. Un prince vertueux arrêtait quelques années le mouvement de décadence ; encore ne le pouvait-il que d'une façon tout extérieure; les vices du système n'étaient pas conjurés, son fonctionnement régulier continuait à produire les mêmes résultats sur toute la surface de l'empire, dans ces couches profondes de la population que n'atteint pas l'influence du maître, quelque grande qu'elle soit. On en revenait bientôt à cet état plein de honte et de péril où le délateur remplissait le rôle d'un

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