‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 178 sur 236 · ÉDUCATION DE L'ENFANT · texte numérisé non relu

ÉDUCATION DE L'ENFANT

préTaricatioûB de ta famille et parce qae ta ne t*en es pai plus soucié qne si elles ne te regardaient pas ^ » Les esfants doiyent être mis à Fécole da Christ. Il fant leur apprendre, dès le berceau, ce que peut Thumilité auprèi de Dieu dans un monde de vanité, ce que Talent Tamoiir pur au milieu de la souillure universelle et cette crainte du Seigneur grande et noble qui préserve du mal '• Le père et la mère ont entendu retentir sous leur toit cette voii du maitre qui disait aux femmes de la Judée : « Laissez venir à moi les enfants. » G*est grâce à cette instruction précoce que, dans la nuit du grand baptême de Pâques, des enfants de cinq à six ans se montraient capables de faire la profession de foi des néophytes ^. Ainsi se forme au foyer ce type incomparable de la mère chrétienne avec sa pureté, sa tendresse et les douleurs sacrées de F enfantement spirituel, ce type qui, à Tépoque suivante, se personnifiera dans la figure sublime et touchante de Monique.

La jeune fille est Tobjet des soins les plus délicats pour être préservée comme une fleur des souffles impurs qui la flétriraient. Sa mère veille sur elle avec une sollicitude jalouse pour la soustraire aux spectacles infâmes, et réloigner de ces boutiques empoisonnées, où, tout en marchandant des parfums et des bijoux, les grandes dames prennent des allures de courtisanes au milieu des rires et des excitations des hommes. Reprenant le mot sublime de Juvénal : Maxima puero

* Pastor Herm,y lib. I, Vis. \, 3.

« Glém., Strom., IV, 17, 110.

« Const, EccL Egypt,, H, 46.

RËFORBIÉ DES MOEURS. 437

* debetur reverentia^ le > moraliste chrétien lui donne son '^'TTai sens : « Honorons la jeunesse, dit-il, en lui apprenant la discipline de Dien^ » G*est ce sentimeàt de respect qui poussait le père d*Origène à se releyer la f^niiitpour baiser la poitrine de son fils dans laquelle il «Toyait un sanctuaire de TEsprit-Saint.

L* enfant, comme la femme, est ainsi relcTé de Tétat misérable où le paganisme Tayait réduit. Dès son premier jour, il apparaît dans la maison comme un hôte immortel destiné à la yie supérieure. Il ne se recom* mande plus à son père par sa force et sa beauté, mais par Tétincelle diyine qui est en lui. Le droit humain est encore une fois fondé et consacré par rEyangile.

Le même principe diyin qui abolissait l'inégalité dans la famille y commandait la pureté. Si le mariage est respecté comme une institution sainte, TEglise ne laisse pas de surveiller de près Tentrainement des sens, si facile au sein d'une société dissolue, où il suffisait d*ouTrir les yeux pour assister à des spectacles honteux. L*air que Ton respirait était chargé de miasmes impurs. La femme a beau être releyée et respectée au foyer chrétien, elle reste un sujet d'inquiétude. Les festins où les sexes sont mêlés ne sont pas sans péril '. La femme mariée y est seule tolérée à la condition dé se couvrir d'un voile; la jeune fille en est tenue soigneusement éloignée'. Le feu qui consume l' Ame

(Clém., Pxdag., IV, 17, 110.) « /rf., lU, 11, 74.

•/d., II, 7, 64.

SIMPLICITÉ DE Lk TOIUSTTfi DES FEMMES. 419

left métaux précieux ae sont à notre disposition tfêe * [Mttr nous mettre k réprenvew « Ce siècle, dit-il, en rappefauit les combats sangltfnts de FEglise, appartient ftii fer et non h> Tor ^ » Le ohrétien ne devrait se glorifier liBS sa chair mortelle ^qae qnand ;elle est immolée pont te CSirist; sa cracifixion rachète seule son abjection. La ièmme qui se plaît aux ornements de grand prix est biieft-' Mt rivée à Tadultère par des chaînes d'or comme la Vénus palea^ne ^. Que la femme se souvienne de la ftianière fn^ neste dont elle a exeircé son pouvoir sur Fhomme en loi Mivrant la porte de la perdition. Que, semblable à «ine Eve pénitente et pourtant pardonnée, elle se tienne Mr le seuil de FËden fermé par sa faute, mais rouvert par le Christ, en versant les larmes saintes de la pécheresse de TËvangile et en rejetant un luxe corruptënr K

Les rigoristes^ en ce point comme en tout, dépassai^t la mesure^ Tout en reconnaissant que la beauté n'est point méprisable en soi, qu*elle est, selon le met élo>» fSMit de TertuUien, la félicité du corps, la parure -de la création divine et le vêtement de fête de Time ^^ la eiaiate remporte en définitive chez eux sur Tattrait lé^ gttkne ; ils veulent qu*on la dissimule le plus possible. « La femme élue sera toujours assez belle pour son mari ^ » Les esprits plus sages se gardent de>cette exngé»

^ « Geteram tempora christianoram semper et nanc vel maxime non anro^ sed feriro transiguntur. » {Jd,, \\y 13.)

• Glém. Pssdag., II, 12, IM.

> a Ipsam se circumferens E^am lugentem et {KBbiienteai^ » (Tértull., JÊê culL fen^y 1, i.

* « Félicitas corporis. » (Tertull., De ctdt, fem,^ II, 2.) ' Tertull., De cuit, fam,, II, 4

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