DISPOSITION DE LA MAISON CHRÉTIENNE
lares, est au centre de la maison ; les Btatnes des ancêtres sont confinées dans des armoires pour en être so^ ties aux jours de grandes solennités. La chambre i manger ou le trielinium dispose autour d*une table carrée des lits pour neuf conYiyes. Une cour entourée de colonnes, murée et plantée d^arbres, forme un second péristyle autour duquel sont les misérables chambres des esclayes. Partout le pinceau du peintre ou le ciseau do sculpteur a multiplié les ornements et les Tiyes représentations des mythes païens * . Le chrétien qui a reço de ses ancêtres une maison semblable ne se croit point obligé de Fabandonneri il en fait disparaître toutes les traces du paganisme; les parois sont dépouillées des fresques qui étaient consacrées à la gloire et aux amours des dieux. Les pénates sont écartés du foyer qu*ils ne feraient qae profaner. On ne Yoit plus se presser la foule ayide et rampante des clients sous le péristyle. Ils sont remplacés par les pauvres que Tancien descendant des fiers patriciens de Rome appelle ses frères et ses sœurs, bien qu'un sang plébéien coule dans leurs veines; il tient à honneur de les servir à la table de Fagape. Luimême, au lieu d'attendre le salut servile des courtisans de sa richesse, sort avant l'aube pour se rendre furtivement dans la sainte assemblée. Sa femme n'est point reléguée au fond de ses appartements, pour n'en sortir qu'à l'heure d'un festin luxurieux; elle est la maîtresse de la maison et vaque tout le jour à ses devoirs. Un art nouveau n'a pas encore embelli la demeure chré-
* Becker. Rœmisch, Alierth. Marcquart, tome V, p. 220.