‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 185 sur 236 · LTSCLAYAGE INSÉPARABLE DE LA CITÉ ANTIQUE · texte numérisé non relu

LTSCLAYAGE INSÉPARABLE DE LA CITÉ ANTIQUE

la créature humaine n'en est certes pas diminué, mais le droit naturel est offensé d'une manière plus évidente quand c'est un homme du même sang, de la même nationalité et souvent de la même famille qui est traité comme une bête de somme, quand on rencontre dans Tergastule le même tjpe romain qui ailleurs brille au milieu des faisceaux consulaires, et quand des profils d'impératrice apparaissent sur les marchés d*esclayes. Nous retrouyons ici dans sa plus dure application ce droit de la cité qui ne se soucie que de ses intérêts et de ses privilèges, et ne tient jamais compte du droit sacré qui brille en caractères ineffaçables sur le front de chaque fils de l'humanité. L'esclayage est une nou- Telle manifestation de cette conception purement politique de la société qui avait donné au mariage et à la propriété sa constitution spéciale dans l'ancien monde. Déjà plus d'une fois nous avons, dans le cours de cette histoire, rencontré cette institution fatale. Il est temps de la considérer en face, pour mesurer la portée de la réforme opérée à cet égard par le christianisme, en cherchant à mettre en lumière la pensée maîtresse qui y a présidé ^ L'esclavage n'est pas un accident dans le paganisme, il est une de ses institutions fondamentales, comme l'attestation de ce droit de la conquête et de la force qui, après s'être appliqué aux nations étrangères, re-

1 L*ouvrage capital sur cette mstière est le litre si savant, ti eoniplét de M. Wallon, Histoire de V esclavage antique, 3 voU in-f, Paris, 1847. Voir aussi rexcelient ouvrage de M. Allard, Les esclaves chrétiens depuis les premiers temps jusqu^à la fin de ta domination romaine en Otcidmt. M. Boissier a sur ce siget un chapitre important, La religion romaitie, tome I, lib. m, c. 5. Voir surtout le théâtre de Plante.

IL SACRIFIE L'HOBIME A0 CITOTEN. 459

tombe de tknit son poids snr tout ce qnf est faible e€ dépendant dans la cité on dans la famQle. Les^ capfifs appartiennent à lenrs Tainqneors et leur épargnent fes fttignes da travail. « ÀTec ma lance, s^écrie le guerrier antique, je laboure, je moissonne, je vendange. » £a chasse aux hommes par la piraterie ne soulève aucun scrupule, parce qu'il s'agit de barbares et d'étrangers. Dans la cité même F eschivage se recmte lai^ment grftce au droit du père d'exposer ses enfiintd on même d^en feîre trafic. Le débiteur insolvable put être vendu i Some au temps de la république; le eitc^en qui s^éttit soustrait au recensement perdait tons les droits de rbomme fibre. £e commerce des esclaves était partout autorisé et produisait de grands profits.

La pire conséquence de Tesclavage antique, ce n^est pas la somme de soufflrances et de cruautés qu'il rappelle, c^^est surtout l'avilissement delà nature bumaine et, pour tout dire, la destruction de la personne morale. Uh véritable meurtre est constammest perpétré sur rftme et sur la conscience de Fesdave, même quand il se troure dans la situation matérielle la phrs favorable. S*il participe au culte du fojer, c'est qu*il est incorporé à la maison, sans être nullement de la famille. Best souvent exclu des cérémomes religieuses de la cité comme un 7)rofitne *, Men qu*on lui concède ses divinités particulières qtf'il choisit parmi celles de son pa js. Tioutefois, même devant l'autel domestique ou national l'inégalité

1 Wallon, Hist, de l'esclavage antique, \ol. I, p. 299.

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