L'ESCLAVE N'A NI DROIT NI DEVOIR
qui Taccable sabsiste toat entière. La qualité d^homme lui est entièrement refa sée ; il n^est qa^one ehose, une propriété, un mancipium comme nn antre qn*on se transmet et dont on trafique comme on le fait des bestiaux et des instruments de labour. Devant It loi civile son droit n'existe pas, if ne peut déposer en justice, intenter une action, et tant que dura la république nulle protection ne lui fut accordée contre les mauvais traitements et les cruautés de son maître qui avait sur lui le droit de vie et de mort. Comme on n'admet pas qu'il ait une conscience, s'il est appelé en témoignage, on le soumet à la question, et c'est par la torture qu'on lui arrache la vérité, comme on met la grappe sous un pressoir pour en extraire tout ce qu'elle renferme. Il ne lui est pas] permis d*ètre père ou époux.
Quem patrem qui servus est ^.
Sa compagne est jetée aux bras de son maître ou sur le marché du prostitueur, sans qu'il puisse réclamer. Ses enfants nés ou à naître font partie des lots de biches et de chevreaux dont dispose son propriétaire. Non-seulement il n'a pas de droit, mais, ce qui est plus grave encore, on ne lui reconnaît pas de devoirs. U ne peut pas plus être traduit en justice qu'il ne peut y porter sa plainte. L'esclave n'est pas plus redevable envers un citoyen qu'on ne l'est à son égard'. Il ne saurait violer la loi par la raison qu'il est au-
> Plante, Captiv., v. 508.
* « Nec servus quicquam debere potest, nec servo potest deberi. » (Ulp. L, 41, D. XV, 1.)