‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 187 sur 236 · ARISTOTE JUSTIFIE L'ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

ARISTOTE JUSTIFIE L'ESCLAVAGE

dessous de la loi. Qaand il yole, on le traite comme le chien qui a dépouillé ToflSce. On ne saurait accuser d'adultère celui pour qui le mariage n'existe pas. Sa loi, sa morale, sa conscience^ c'est la Tolonté de -son maître; il n'a pas d'autre règle, d'autre obligation que de faire sa Yolonté, selon ce mot de Ménandre : « Esclaye, suis les ordres de ton maître juste ou injuste ^ » L'esclaye n'a pas le droit de dire non '. D'après Aristote on ne peut exiger de lui que la yertu d'un instrument, parce qu'il n'a pas son libre arbitre. Le grand philosophe a été jusqu'à ranger les esclayes * parmi les autres animaux » incapables d'appartenir à une cité. Toute cette dure législation se fondait sur une doctrine très-arrëtée. Si Platon semble parfois remonter pour un moment à la grande communauté d*origine de l'humanité, il en revient bientôt à consacrer l'abjection de l'esclaye au point de vue social. Son illustre successeur fondait la servitude sur une nécessité absolue, car, selon lui, c'est la nature qui, par des vues de conservation, a créé certains êtres pour commander et d'autres pour obéir. C'est elle qui a voulu que rètre doué de prévoyance commandât en maître, et que Tètre capable par ses facultés corporelles d'exécuter ses ordres obéit en esclave '•

Les idées plus larges qui prévalurent sous l'empire et qui relevèrent partout la dignité humaine, marquèrent leur trace dans la législation impériale, sans jamais par-

< lien, apad Stobée, Fionl., «i, 10.

s Senèque, De benef,, Ul, 17.

« Arist., Poiit., J, «, 1».

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