LE CHRISTIANISME EST UNE RÉDEMPTION
la loi (le rhuiuamtéf même ulors que les rares adepte» d'une philosophie généreuse lui reconnaissaient en théorie un certain droit humain. La religion de l'Evangile ne pouvait être qu'un aifrauchissement universel; soq nom même l'indiquait. Elle était la religion de la rédemption, le grand rachat des captifs parmi lesquels elle rangeait tous les fils d'Adam. Dans chacun d^eux elle voyait l'esclave du péché, et elle leur offrait à tous la môme libération payée du sang de la croix. Ainsi, par son dogme le plus caractéristique, le christianisme abo« lissait la barrière jusque-là infranchissable qui avait séparé les hommes libres des esclaves, en les montrant tous ensemble courbés par nature sous le même joug et tous casemble appelés à la même liberté. Qu'on veuille bien remarquer qu'il n'y avait pas là une belle théorie de plus dans un temps où abondaient les grandes idées et les grandes paroles, la rédemption était la plus haute des réalités pour les âmes ciirélieunes; elles en éprouvaient coustammcut les ciTeîs, et elles 3 pouvaient y croire sans l'accepter dans tonle son éteudue, ne souffrant auciine exception, aucune limite arbitraire. Le point de vue liominaut des choses humaines était ainsi changé radicalement; une transformation sociale correspoudanle devait s'opérer dans une religion où tout aboalît à la pratique.
LTr^lise, sans tarder un jour, se mita son œuvre dç rébabiliialion et d'airranchissement, ou plutôt elle l'accompill sans calcul, sans esprit de système, en renjplis* sant les devoirs immédiats de la vie chrétienne. Elle jQit pour l'esclave ce qu'elle avait fuit pour la famille;
L'ÉGLRE OTA. PAS PRÈCBÉ LA nZYOLTE. 474
die réalisa k réforaie morale sass soulerer un conflit direct ayec la tegislation de Fempire. Prodam^er ou réclalDer au point de irne légal rabolîlion de TesclaTage Cffirt été sortir de soft domaine spiritoel, devenir une poissamce poétique et se prêter à ce terrible )eu de la force qui est toujouors en même temps le jeu da hasard, puisqu'il îette les idées dans le» aventures toujours ineertaines d*une lutte armée, et que ce qiî se fende pair l*épée peu! toujours être détruit par elle. Bien n'eèt été plus facile au christianisme que de provoquer vue guerre serviJe, s'ileùi profité de la sourde ^colère qui fermentait comme un levais caché dans les masses Déjà plus d'une fois avant lui on avait vu Tempûre menacé pœt une de ces vastes rébeltioss qui n'étaient qu'une vengeance sauvage et sanglante, incapable de rien organiser. Une révolte nouvelle n'eût pas fait araBcer d'un seul pas la cause de la liberté universelle* Oo lé christianisme j eût péri^ ou il eàt cessé d'être la religion de l'Esprit. D'ailleurs, l'esclave qui brise sa chaîne nuitérieUe n'est pas émancipé pour cela; il couserve tous les vices de la servitude, et s'il devient le plus fort, il sera le plus dur des maîtres; bien loin que l'esclavage soit détruit dans de telles coaditiens^ les rôles seront simplement intervertis ; ce ^ni était en haut sera en bas ; la terrible machine df oppression fcHDictionnera eomme par le passé entre des mains nouh vdles. De lit l'importance suprême pour l'Eglise de ne provoquer aucun bouleversement social; c'eût été nonseulement tout risquer, mais tout perdre. Nous n'avons donc pas lieu de nous étonner si la hiérarchie de la