L'ESCLAVE PROTÉGÉ ET INSTRUIT
main sa caose et le défendre contre les mauvais traitements dont il était accablé. Origène reconnaît hautement, malgré les railleries de Celse, que le christianisme s*eët tourné avec prédilection vers les déshérités de Fancien monde^ à commencer par Tesclave à qui personne n^avait pensé '. KEglise avant toute chose com« mande la douceur, la justice, la patience aux maîtres ; elle veut qu^ils se montrent pleins d* équité et de bonté pour ceux qui dépendent d*eux, les traitant comme des hommes et non comme des animaux*, sans jamais manquer au précepte de la patience^. La dureté envers l'esclave est considérée comme un motif d'excommunication, la qualité de chrétien est refusée à celui qui inflige des mauvais traitements à ses serviteurs^.
Il ne suffit pas de protéger l'esclave, il faut encore l'élever moralement, l'instruire dans la vérité et lui ouvrir en quelque sorte les portes de la lumière. Pour cela, il faut que le maître chrétien s'abaisse jusqu'à lui et se fasse son catéchiste volontaire, aidé dans cette tâche par le zèle de ses frères. Cette sainte et difficile mission fut remplie avec amour. « Nous nous croyons redevables anx savants comme aux ignorants, dit Origène. Nous ne refusons personne, pas même l'esclave grossier. Nous nous tournons vers lui comme vers la femme ignorante et l'enfant pour le rendre meilleur *. » Pamphyle
» OrifT., Contra Cels., III, 49.
• OuBà jAév xaOaxep \)%G^\)-^ioiq 'zàiq otxéTatç Xpr|ŒT£OV. (Glém., Pxdag., m, 11, 74.)
' « Servum domino patientia commendat. » (Tertull., De patient, 15.)
* OeuxTaïot xal toîç éouTwv oiVé-catç -îcovTjpo); Xp(«)[i.£vot. [Const' apost., IV, 6.)
» Orig., Contra Cels., III, 49.