TOUTE INÉGALITÉ DISPARAIT A L'HEUBE DU CULTE
de Césarée, le disciple et Tapologiste d'Origène, aTait poussé si loin rinstruction d*an jeune esclaye qu'après ravoir élevé jusqu*à son propre niyeaa, il lui fit porter le manteau des philosophes pour montrer qu'il était devenu un véritable adepte de la divine sagesse; plus tard il Tentraina sur ses pas dans la voie du martyre*.
La parole évangéligue trouva un sol bien préparé pour la recevoir dans le cœur brisé des parias de TOceident. A peine arrivés à la foi chrétienne, ils obtinrent un rang égal à celui des hommes libres dans TËglise. Il n'y a pas trace done différence entre les chrétieps de diverses oonditions à Theure du culte^; la maison de prière ne connaît pas d'autre distinction que celle qui sépare les catéchumènes des fidèles, et d'autre séparation que celle des sexes. Ifon-seulemeiit l'esclave rompait le pain de la communion avec son maître et recevait de sa main la coupe de la grande commémoration, mais encore il le devançait souvent au repas sacré. 11 se pouvait qu'il j fût admis depuis longtemps, tandis que celui dont il dépendait n'était encore qu'un catéchumène, ou bien se trouvait sous le coup de quelque peine disciplinaire. Ou assistait tous les jours à ce spectacle étrange de voir le maître demeurer sur le seuil de la maison de prière comme un profane, tandis que l'esclave participait à tous les privilèges et à toutes les grâces du culte chrétien. Ne suffisait-il pas qu'il eût fléchi le genou à côté des hommes libres devant le même Dieu pour qu'il fût relevé pour jamais
* Eusèbe, De Martyr, Paie st., M.
2 Const. apost.y II, 58.
LISSGIATE JUDMIS AUX ŒABGES DE L'ÈGUSE. 475
du déshonnenr ou de Tinfériôrité attachée à sa condition ? Aussi e6t*il dit dans les Constitutions apostoliques que son maître doit l'aimer comme un fi(« ou comme un frère à cause de la foi qui leur est commune ^ Il y a plus, Tesclaye peut même reyêtir l'une des charges de l'Eglise s'il T est appelé par le suffrage de ses frères et devenir un diacre ou un prêtre; Le charbon de l'autel touche ses lé- Très aussi bien que celles du patricien Gyprien, pour transmettre au peuple chrétien les exhortations et les commandements de son Dieu. Il peut voir une foule attentive se courber sous sa parole dans un pieux recueille* ment. Ce n'est que plus tard, quand le paganisme aura été vaincu, que l'Eglise exigera que les esclaves revêtus de ses charges commencent par être affranchis ^ar leur maître. Elle ne pouvait pas élever une prétention semblable a.vant les empereurs chrétiens. Il demeure certain qa*une origine servile n'était pas un obstacle aux plus grands honneurs de l'Eglise. Caliste, au commencement du troisième siècle, devint évêque de Borne après avoir été esclave ; son élection ne fut point contestée à cause de la bassesse de sa condition première, mais simplement pour des actes qu'on jugeait coupables *. Après avoir été ainsi traité sur le pied de l'égalité la plus parfaite dans l'Eglise, il n'était pas possible que l'esclave retrouvit au foyer la lourdeur de ses chaînes et l'amertume de sa dégradation. Il y rentrait avec le sceau de Dieu sur
S'.à TY)V TYîç 'ïC'.ŒTSwç xoivtovtzv. ^Const. apost., IV, 13.) • AUard, ouvr. cité, p. 230.