LES MAITRES ET LES ESCLAVES S'INSHTRUISENT MUTUELLEMENT
le front, reyètu d*une dignité inaliénable. D^ailleurs, la vie religieuse ne s* enfermait dans aucune enceinte sacrée; elle se continuait dans la maison de famille, la piété domestique était aussi importante que le culte public. A riieure où le père réunissait tous les siens pour bénir et adorer, Tesclave mêlait sa yoix aux hymnes saintes. Son amen répondait à Toraison de son maître, et ses mains s^élevaient comme les siennes vers le Père qui est au ciel, juge et vengeur des opprimés. Chrysostome rappelait les coutumes les plus touchantes de Tâge précédent quand il disait au chef de famille : « Tu ne peux enseigner la doctrine à tout le peuple, mais tu peux rendre ton esclave meilleur. Moi, une ou deux fois par semaine» je me trouve au milieu de vous; toi, tu as perpétuellement des disciples assemblés dans ta maison, ta femme, tes enfants, tes esclaves *. » Ceux qui se sont incliués devant le même Dieu et qui ont reçu le même pardon savent qu'il ne fait point de différence entre les hommes. Le fouet ne déchirera plus les membres mêmes du Clirist qui se sentirait flagellé dans le plus humble de ses disciples.
L'esclave ne fut pas seulement instruit par son maître, souvent il fut son guide dans le chemin de la vérité. Semblable à la jeune captive d'Israël qui conduisit le grand général syrien au prophète Elisée, Têtre si longtemps méprisé devint Tapôtre de la maison. Les Actes des martyrs abondent en récits de maîtres convertis par leurs serviteurs*. La pieuse esclave qui, apr(^s avoir
* Saint Jean Chrysost., In princ. act. llnmil., IV, 2.
* Allard, ouvr. ciié, p. 3u0.