‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 198 sur 236 · RESPECT DU MARIAGE ENTRE ESCLAVES · texte numérisé non relu

RESPECT DU MARIAGE ENTRE ESCLAVES

porté dans ses bras le père de Monique, contribua à amener sa fille à Dieu, est un type qui n*est point rare dans les annales du christianisme primitif ^ Ce fut sans doute bien souyent une bouche d' esclave qui fit entendre la parole évangélique dans ces réduits obscurs et infimes qui excitaient les plus mordantes railleries de Gelse ^. On comprend qu'occupant une telle place dans la maison chrétienne, l'esclave ne fut plus privé d'avoir une famille à lui. Il échappa à cette dégradation suprême d'être en dehors ou plutôt au-dessous de la loi morale. Il put être condamné par l'Eglise pour avoir commis adultère, précisément parce que son mariage était reconnu et considéré comme aussi sacré que celui de l'homme libre. Gelui-^ci ne peut pas plus abuser de la femme esclave que d'une femme de sa propre condition^ et il doit à la première comme à la seconde le mariage légitime '. Les grands moralistes chrétiens du quatrième et du cinquième siècle ont continué les traditions de l'Âge précédent en couvrant de leur protection la pudeur des êtres faibles et dépendants. Si Ghrysostome déclarait avec une admirable éloquence que c'est un crime aussi odieux de séduire une esclave qu'une reine, parce que Dieu ne venge pas la qualité de la personne outragée, mais luimême *f Clément d'Alexandrie avant lui avait commandé aux maîtres de respecter leurs serviteurs et leurs ser-

* Saint Augustin, Confess.^ IX, 8.

« Origf., Contra Cels.j III, 58.

' IItT:bç èàv lyr^ 7:aXXay.Vjv, et [xsv 8ouXyjv, 'Tcaujâaôa) y.aiv5(;.(i) Ya[i.stTW €1 Ss èXéy6épav, èx-Yat^eiTO) aOr/iV vbii.a>. (Const, apost., Vill, 22.)

* Ghrysost., In l Thess, IIomiL, V, 2.

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