‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 207 sur 236 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L*EGLI8E BT LA VIB SOCIALE. — LE THÉATBE. — L'arT.

^l. Le théâtre.

Si ridolâtrie partoat répandue dans la société païenne rendait difficile aux chrétiens Faccomplissement des devoirs civiques, elle infectait bien davantage encore les délassements les plus en faveur sous Tempire. Dans cette sphère de Testhétique comme dans toutes les autres, la religion nouvelle s*est montrée créatrice et novatrice, bien qu'elle ait dû d*abord user largement de la serpe dans la forêt enchantée de Fart antique, et élaguer sans pitié toute la végétation parasite et empoisonnée, qui ressemblait à cette flore brillante des terres malsaines d*où s*exhalent la fièvre et la mort. Il était une forme de Fart, celle précisément qui eiierçait la fascination la plus générale, avec laquelle le christianisme ne pouvait pactiser dans la société païenne.

Le théâtre et tout ce qui 8*7 rattachait de près ou de

50a CORRUPTION CROISSANTE IHJ THÉÂTRE.

loin était devenu une grande école de corruption et de cruauté; c* était le foyer le plus actif de la déprayation générale ^ On était bien loin de cette glorieuse école des Eschyle et des Sophocle qui à Athènes avait gravé dans un marbre aussi pur que celui taillé par Phidias ridéal le plus noble et consacré en vers immortels les grands oracles de la conscience. La Melpomène grecque, descendue du char de Thespis, avait été une prêtresse de la patrie et une prophétesse de la loi morale. Sans doute à la même époque la muse comique avait outragé sans scrupule la pudeur publique par un langage effronté qui déparait ses peintures si vivantes de la nature humaine et le lyrisme enchanteur des Oiseaux ou des Nuées. A Bome le théâtre ne s'éleva jamais à la hauteur du grand art athénien et il tendit à s'abaisser toujours davantage sous F empire. Les solennelles imitations de Sénèque le tragique n'avaient charmé que les admirateurs de la déclamation. Plaute et surtout Térence demandaient quelque effort à T esprit par leurs pièces traraillées avec soin et où Ton retrouvait une intrigue suivie et le souci de la forme. La préférence et la vogue furent de plus en plus acquises aux représentations grossières et violentes du Cirque. Le théâtre propre* ment dit ne retint les spectateurs qu'en jouant des pantomimes ou de grands ballets qui représentaient au vif sur la scène les amours de Jupiter, et donnaient à Yéniis les allures d'une Phryné. Le succès s'achetait par i'infainie ; on alla jusqu a représenter tes amours

» Voir Friodlander, Mœurs romaines^ tome II, \iv, 6.

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