LE CIRQUE
la placidité en brûlant une moitié de la \iile et en prenant des hommes Tirants ponr flambeaux. Les courses de chars eurent infiniment plus de succès, et provoquèrent des passions aussi Tiyes que les luttes politiques les plus ardentes. Des partis se formèrent autour des cochers célèbres ; les blancs et les yerts troublèrent la capitale du monde de leurs compétitions tout autant que ravalent fait jadis César et Pompée.
Cependant le spectacle qui remportait sur tous les autres fut celui du Cirque, qui faisait couler à flots le sang humain. Il n*7 eut pas une yille, petite ou grande, où ces cruels spectacles ne fussent donnés, mais c'est à Itome qu'ils eurent tout leur éclat et toute leur furie. Les empereurs favorisaient en eux une diversion puissante aux instincts de révolte qui pouvaient couver dans Timmcnse population de leur capitale. Ce mot profond d'un acteur à Auguste : c Tu as autant besoin que nous qu'on s'occupe de nos personnes, » résumait une politique à Fusage de tous les despotismes. Les sommes que les empereurs consacrèrent aux jeux du Cirque dépassèrent toutes les bornes. Le Colisée, le cirque colossal, comme l'indiquait son nom, pouvait contenir près de 400,000 spectateurs. Ou y voyait figurer jusqu'à quinze cents paires de gladiateurs. Les combats entre hommes étaient remplacés par les naumachies ou combats maritimes qui se livraient sur une mer improvisée jaillissant soudain sur la scène d'immenses réservoirs. Les bêtes féroces amenées d'Afrique n'attendaient que l'ouverture de leurs cages pour se ruer sur les condamnés. Les gladiateurs formaient de vrais corps d'armée. Sauf les rétiaires qui n'a-