LE CIRQUE
Taient qu'on filet ponr enyelopper leur ennmni et ane épée ponr le percer, ils étaiient couTerts d^armnres brillantes; on les acclamait comme des héros; s'ils tom-! baient» les spectateurs faisaient rarement le signe santenr qni leur eût épargné le conp suprême» bien que quelquefois on pût lire dans leur regard cette tristesse fière et désespérée qui revit dans un marbre immortel et qu*un auteur du temps a décrit en paroles émues. Il y avait sans doute de nombreux volontaires parmi les gladiateurs, hommes au tempérament ardent» au cou-* rage féroce» à qui il plaisait de risquer leur vie après avoir été largement nourris dans Tespoir d'une victoire richement rétribuée. Le plus grand nombre néanmoins étaient de malheureux esclaves destinés à ces tueries par leurs maîtres qui en retiraient gloire et profit. Nous voyons bien que Marc-Aurèle défendit la vente des esclaves pour le recrutement du cirque» mais il n'empêcha pas les maîtres d'y faire conduire ceux qui leur appartenaient, et lui-même fut obligé de tolérer ces sanglantes représentations.
Par une odieuse profanation de la justice» les hommes condamnés an dernier supplice le subissaient en servant de pâture aux amusements publics. La guerre fut aussi une grande pourvoyeuse du cirque ; les captifs devaient y figurer pour le* plus grand plaisir de leurs vainqueurs. On comprend Tamer désespoir de ceux d'entre eux qui ne pouvaient oublier ni leur dignité d'hommes libres» ni leur foyer; aussi préféraient-ils souvent se donner la mort que de subir une telle ignominie. On raconte que des Bretons à l'&me
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indonptabte se rendirent le triste sertice de 8*entretner mstnellenent plntét qiie de 8*«xpo8er à mie moit aussi hontease. JaEiaîs ie monde païen ne montra nn pins insolent népris da droit bnmam, de la dignité de la créatnre morale qn*en rédoisant tant de milliers d'hommes à devenir tout ensemble les instruments et les victimes de ses sanglants plaisirs. Cicéron Ini-méme, malgré son mot soblime sar la charité do genre hamain« félicitait son ami Àtticus d'avoir reemté de nombreuses paires de gladiatenrs. Sénèque seul eut des paroles in* dignées contre le cirque, mais ce fut la plus vaine des protestations, et les Antonins, comme Inyan, continuèrent à satisfaire la frénésie d'un peuple amolli qui avait besoin, pour ranimer ses sens, de voir souffrir et mourir»
Il faut dire aussi qu'il trouvait au cirque toutes les satisfactions. Des distributions de viandes et de gibier lui étaient faites par les soins des empereurs. Des femmes syriennes se livraient sous ses yeux à des danses lascives. Le cirque à lui tout seul, avec ses spectateurs des premiers gradins en vêtements somptueux, son luxe architectural et ce grandiose spectacle d'une assemblée de plusieurs centaines de mille hommes, était une merveille incomparable. Tous les écrivains du temps sont d'accord sur l'attraction qu'il exerçait sur les Romains de la décadence. Bespirant une atmosphère embrasée d'une espèce d'enthousiasme furieux, qui s'accroissait pour chacun de la passion de tous, assistant en sécurité aux péripéties d'une vraie bataille, se repaissant de la souffrance des malheureux dont le sang rougissait Ta-
rase» joniMnlt àa lent mort sek» le mot de Xncite, irayast tirtn ae éétùàkr d«B8 tonte sa tiTteité liberttae qœl^e aeàoM d*adaltère mise sow le nom A'ui OljmpiBD quekonqoe au son d'ane mosique volnp*tneme, tends qae le lion de Nomidie régissait dans sa cege, impatient de détorer le condamné enfermé dau , ntt esdhet voisin ; le penple entassé sur les gradins sous UÊk soleil de fea damnait liii*méme le jdas crael des fuiTes, et jamais désert d'AMqne n'entendit damenr pins effroyable que ce cri poussé par des milliers de ypiX) parmi fesqoeUes on eût pa reoonnaiUre plus d*nne Yoîx de femme élégante : Le ckrétien au9 liam * I . Entre ces abominations et TËglise û n*y aurait pas de oompromis possible, notHseuIemeat parce qu'elle voyait descendre dans Tarène ses confessears et qae des rites idolâtres inauguraient chaque représentation , mais encore parce que tout ce qui s'y passait était un outrage à nieo, à rbmnanrté et nn pmsoa mortel pomr Tàme. Et pourtant Tattraît de ces plaisirs crnels était si grand, si général, qu'il fallait multiplier les précautious et les dé- Jfenses pour em prémunir les ciirétiens mal affermis. On TÛt qn'nn-certaiA nombre d'entre eux essayaient une apologie Cknide du tliéàtre, laisant sans doute des distinctions, repoussant ks pires scandales qui s'y pro* duàsaient et plaidant les circonstances atténuantes pour les représentations les moins déshonnétes. C'est qu'au fond ils ne voulaient pas renoncer à leur pkûsir fayori, et la crainte de le perdre était peut-être plus forte
* « Qaotidiani ia nosleoiM»poiiaiaatiir«4('rerla&L, Dêtifeciacui^^n.)