‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 213 sur 236 · LE CHRISTIANISME INSPIRE UN ART NOUVEAU · texte numérisé non relu

LE CHRISTIANISME INSPIRE UN ART NOUVEAU

fondée sur une farouche inimitié contre Tart. On ne pouvait lui demander de se préoccuper d*une esthétique nouvelle^ engagé comme il était dans le labeur immense de la mission et dans sa lutte incessante contre le monde païen. U n'avait pas le loisir de former des artistes alors qu'il faisait des saints et des martyrs. Et pourtant il a renouvelé les sources du grand art au moment où il périssait dans la stérile abondance d'œuvres innombrables. L'art à cette époque portait en lui les germes d'une irrémédiable décadence. Tout d'abord il avait perdu le soufSe inspirateur, il n'avait plus d'idéal. La forme humaine ne représentait plus pour lui cette grandeur morale, cette majesté calme qui avait apparu à la fois dans la tragédie grecque et dans la statuaire du siècle de Périciès, ce divin humanisé que la Grèce ne devait pas dépasser. Les croyances qui avaient évoqué cet idéal avaient disparu, et, comme nous l'avons vu, la mythologie n'était plus qu'une histoire galante. Si la religion avait un côté plus sérieux, elle l'empruntait aux cultes étrangers, surtout à ceux venus d'Orient. L'art y perdait son caractère classique, cette précision dans la forme liée étroitement à l'humanisme grec qui empêchait le divin de se perdre dans un panthéisme colossal. Enfin, depuis que la vie publique avait disparu, l'art n'était plus consacrée rendre les grands sentiments de l'humanité^ à embellir la religion de la patrie; il s'était fait le courtisan des puissants du jour, à commencer par l'empereur dont il multipliait l'image et parait somptueusement les palais. Il s'attachait surtout à décorer la maison des particuliers ; il était voué à l'ornementation ; disposant de ma-

LA BEAUTÉ EST UN REFLET DB D!EU. 5t5

et waàûB' une symbolique aminée qui le reflétait. Le soktty apBèa s^être englouti dans lies fflots de FOcéan, teparaissait an matin, comme une brillante image de la ïAsurrectiDiL ^. Bien ne périt dans le monde, si ce n'est pour reTiyre. Tout Tordre des choses rend témoignage h la grande rénovation. Ddeu s'est réyélé par ses œn- TWs aTaat ds parler par ses oractes, et la nature est «ne prophébesse '. Elle forme tout^ entière une symphonie sublime dont le Verbe est le chorége^. Il n'est pas même nécessaire de s'arrêter aux grands spectacles de la terre et des cieux étoiles pour reconnaître sa beaaté^ il sufiBt de cueillir une fleur et de respirer lé parfum d'une rose\ C'est surtout dans la forme humaine qu'apparaît le sceau du divin. L'argile a été pétrie par im Phidias tel que la Grèce n'^en a point connu de pareil, et l'âme y a été enchâssée comme une perle précieuse *. Le chef-d'œuvre de la création est cette forme humaine que devait revêtir le Verbe et qui n'a pas été seulement roeavre de Dieu, mais en quelque sorte le gage dellncamation®* Sieu lui-même est l'artiste par excellence^ qui pénètre la forme par Tèsprit pour la rendre immortelle.

Un temps très-long était nécessaire pour que Fart diréti£iki p&t se constituer au miltea dfuA' monde livré à

* TertuU., De resurrect,, c. 12.

* Qém.^ Pratrept, I, 5l

* o Rosam si tibi obtalero non fastidies cr«atoEem. d (Jerinll., Coni, MarCf l, ik.)

* « Phidias tantus, dens "nlvris. » (Tertall., De remrrect.f 6,)

* a Non tantam Dei opos sed pigous. » {Id.)

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