‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 215 sur 236 · L'AMOUR EST LA BEAUTÉ SÙPBÊME. BH · texte numérisé non relu

L'AMOUR EST LA BEAUTÉ SÙPBÊME. BH

lesquels elle est comme enseyelie. Il ne s'agit pas, on le Toit, de la détruire, mais de la respecter, et le retour à la nature est la première conséquence de cette esthétique chrétienne. Les créatures faites à Fimage de Dieu ne doiyent point mépriser le type éternel et souyerain de la beauté en le falsifiant; conservée par la tempérance, elle éclate comme une fleur sur le visage. Elle prend un caractère plus élevé et plus touchant quaud elle y fait rayonner la beauté intérieure de l'âme. Le désordre moral finit toujours par se traduire sur les traits. L'homme qui se livre à l'intempérance prend quelque chose de bestial ; il tombe bientôt dans une torpeur mortelle qui le fait ressembler à un arbre mort. La duplicité le recouvre d'un voile épais qui dérobe sa vraie physionomie. Le mal sufSt à lui seul pour flétrir prématurément la beauté humaine en mettant sur elle son empreinte. Au contraire, quand l'homme demeure uni à Dieu, il participe à la beauté du Yerbe; il devient en quelque sorte Dieu lui-même * .

L'amour est la suprême beauté *. C'est elle qui brillait sur le front du Christ, malgré son humble apparence car cette beauté véritable de l'âme se communique au corps et le transfigure '. Nous voilà bien loin de la majesté calme, insensible, de Yataraxie de la statuaire grecque. La beauté telle que la conçoit le christia-

èaxiv, 0cb; 8e èxetvbç îràvôpwTccç fCvexau (C\ém., Padag.^lU, 1,2.) * "Ecrct hï %(ii àXko YÂWoq div6p(»>TC«)v à^dTfi» {/cf., { 8.)

54 8 LA BEAUTÉ CST âUETOUT I>AKS L^fiKPRESSION.

nismc est une beauté ()Ouie nouvelle, ^éftnsgère à Tart antique, c'est la beauté de Tiexpressiom iqui «ëeTait jouer un si grand rôle dans la peinture ckrétienoe. Certei, après une oonception pareille de la beauté, <m est ea droit de dire qu'fin art nouveau Tenait de naître à Torabre deJacroix, épiNTantet attendrissant le platomsme qui avait inauguré avec tant d'éclat le évite de Tidéal, et donné un si riche développement à kt notion du beau. On ne peut guère demander à cette esthétique de rJEglise des nrartjrs que d'ouvrir une soim:e nouveUe d'inspiration; le loisir lui manque pour produire des oeu- Très nombreuses. Beconnaissons pourtant que les chrétiens n'ont point eu contre la reproduction delà forme humaine «et les arts plastiques les répugnamces invinci-* blés du judaïsme. Nous avons déjà «ppris de Clément qu'ils se plaisaient à graver de pieux synâïotes sur les modestes joyaux qu'ils possédaient. Nous verrons pins tard avec quelle liberté ils ont mis dans les catacombes les procédés de l'art antique au service de leurs croyances, tout en condamnant l'art païen et tout ce qui pouvait s'y rattachera

En ce qui concerne les lettres, le christianisme primi* tif a suivi les mêmes règles^. L'étude des belles-lettres n'était point défendue, quoiqu'on se défiât de l'influence pernicieuse qu'elles pouvaient exercer. Aussi se montrait-on beaucoup plus rigoureux quand un chrétien voulait les enseigner que lorsqu'il se conten-

1 Tertull., De idolatr,, 3.

2 Voir Geschichte der ChrisUich lateinischen litteratur vonihrem Anfângen, von Adolf Ebeit. Leipzig, 1873, p. 93.

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