‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 216 sur 236 · INRUENCE DU CHRISTIANISME SUR LES LETTRES · texte numérisé non relu

INRUENCE DU CHRISTIANISME SUR LES LETTRES

tait de les apprendre. Il paraissait difficile qu'il cotiserait mne fidélité stricte au monothéisme évangélique en commentant les poètes du pa^nisme ^ Quant à cultiver la littérature comme un art, nul écriirain des preflûers siècles n'y a songé ; il se regardait comme un témoin et un soldat de Christ, et ia préoccupation proprement littéraire lui paraissait inconciliable a^ec sa redoutable mission. Or, il s'est trouvé que c'est préciséflftent le dédain de l'art pur qui a fait le caractère no* ifBteur des lettres chrétiennes. Les lettres païennes tournaient toujours davantage auK dissertations de rhétorique, elles n'avaient plus ni nerf, ni flamme, ii*ayant plus de cause à servir, de lutte virile à livrer dans la tribune aux harangues. La passion sincère est le vrai charbon de feu pour les lèvres humaines ; elle seule leur arrache les paroles fortes, énergiques, colorées sans fard. Il y a bien longtemps qu'elle n'avait plus approché de la bouche de oes rhéteurs glacés et ingéjuieux qui jouaient avec les mots brillants comm^ les bateleurs avec leurs gobelets d'argent. L'éloquence, si on ose appliquer ce mot à ce qui lui ressemblait si peu, semblait par l'étendue de ses développements toujours ornés tramer une longue robe de pourpre. La religiodi qai disait à ses disciples de ceindre leurs reins pour le plus redoutable des combats les contraignit à une parole brève et ardente. L'éloquence chrétienne fut souvent rude et incorrecte, mais elle eut son éclat étrange, son glaive acéré et sa mâle vigueur. Les grandes apo-

* « Fidoles magis dîBcere qnam docere litleras capit. » (Tertall., De 'ÂdQlatr.y 10.

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