INRUENCE DU CHRISTIANISME SUR LES LETTRES
tait de les apprendre. Il paraissait difficile qu'il cotiserait mne fidélité stricte au monothéisme évangélique en commentant les poètes du pa^nisme ^ Quant à cultiver la littérature comme un art, nul écriirain des preflûers siècles n'y a songé ; il se regardait comme un témoin et un soldat de Christ, et ia préoccupation proprement littéraire lui paraissait inconciliable a^ec sa redoutable mission. Or, il s'est trouvé que c'est préciséflftent le dédain de l'art pur qui a fait le caractère no* ifBteur des lettres chrétiennes. Les lettres païennes tournaient toujours davantage auK dissertations de rhétorique, elles n'avaient plus ni nerf, ni flamme, ii*ayant plus de cause à servir, de lutte virile à livrer dans la tribune aux harangues. La passion sincère est le vrai charbon de feu pour les lèvres humaines ; elle seule leur arrache les paroles fortes, énergiques, colorées sans fard. Il y a bien longtemps qu'elle n'avait plus approché de la bouche de oes rhéteurs glacés et ingéjuieux qui jouaient avec les mots brillants comm^ les bateleurs avec leurs gobelets d'argent. L'éloquence, si on ose appliquer ce mot à ce qui lui ressemblait si peu, semblait par l'étendue de ses développements toujours ornés tramer une longue robe de pourpre. La religiodi qai disait à ses disciples de ceindre leurs reins pour le plus redoutable des combats les contraignit à une parole brève et ardente. L'éloquence chrétienne fut souvent rude et incorrecte, mais elle eut son éclat étrange, son glaive acéré et sa mâle vigueur. Les grandes apo-
* « Fidoles magis dîBcere qnam docere litleras capit. » (Tertall., De 'ÂdQlatr.y 10.