‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 217 sur 236 · INFLUENCE DU CHRISTIANISME SUR LES LETTRISS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU CHRISTIANISME SUR LES LETTRISS

logics du second siècle inaugurèrent un nouveau genre d'éloquence portant sur les plus hautes vérités et plaidant le droit le plus sacré, non sans une fierté iririle qai ne demande rien au monde et le domine de son désintéressement absolu. Le souci de la forme n'en est pas toujours absent. V Octave de Minutius Félix est un dialogue sur le modèle antique; Cyprien et Lactance se souviennent de Cicéron. L'originalité féconde se trouve chez le rude Africain à Timagination tout ensemble sombre et chaude, au langage heurté ; tour à tour tribun des libertés chrétiennes et poëte inspiré, dramatisant sans cesse sa pensée, la jetant brûlante et imagée sur de vastes toiles apocalyptiques. Personne ne fut moins artiste par le soin de la forme et nul n'exerça une influence plus grande sur l'esprit chrétien pour l'ébranler et rémouvoir.

Les Pères grecs parlent une langue plus unie, plus épurée; cependant ils font aussi la part de la poésie dans leur allégorisme biblique, toutes les fois qu'il n'est pas trop ingénieux. L'iiiterprétalion du Cantiqiie des Cantiques par Origène qui en fait l'hymne des fiançailles de l'âme humaine avec son divin époux, est tout un poëme. Le Pasteur Hennas, si austère qu'en soit la pensée première, est à bien des égards une œuvre d'imagination par les descriptions parfois gracieuses qui font prendre terre à ses allégories. Quelque faible valeur qu'ait la littérature apocryphe au point de vue de la doctrine, elle nous révèle dans les couches obscures de la société chrétienne une certaine virtuosité poétique. Les Actes de Pilate retracent, avec une émouvante beauté

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