‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 218 sur 236 · V NOUVELLE INSPIRATION POÉTIQUE · texte numérisé non relu

V NOUVELLE INSPIRATION POÉTIQUE

qai n'est pas sans art, la descente du Christ dans les régions intermédiaires; sa rencontre avec le vieil Adam enfin délivré et les grands prophètes quiTont attendu si longtemps est décrite avec une pathétique grandeur. Le Testament de Moïse dépeint en traits admirables la mort du premier homme, la douleur d'Eve, et le frémissement de la terre qui ne veut pas recevoir le cadavre du fils du ciel. Ces œuvres anonymes révèlent un travail secret, latent, de l'imagination chrétienne, à qui il ne manquait que la puissance plastique pour marquer de son empreinte une poésie nouvelle. La conception grandiose et mélancolique du gnosticisme qui faisait de la Sophia gémissant sur le seuil de l'infini la personnification et comme l'ange de la terre dévorée de l'incurable regret du ciel perdu, s'est produite sous les mêmes influences. L'Apocalypse de Commodien et le poërae du Phénix d'un auteur inconnu eurent beau plier une langue incorrecte aux formes convenues de la poésie, ces œuvres ont beaucoup moins de valeur que les productions informes et naïves de l'imagination populaire. La première rappelle les sinistres prédictions de la Sibylle juive et ne fait vibrer que la corde bien usée des saintes colères. Ce n'est pas la vraie corde delà lyre chrétienne. Celle-ci. n'a pas encore produit de chants nouveaux, sauf les hymnes du culte. Elle se contente de faire vibrer sous un soufEle plus pur cette harpe intérieure qui, comme l'a dit le poëte, est attachée au cœur humain. C'est de là qu'elle fera surgir, bien des siècles plus tard, une poésie qui saura enrichir le langage de formes nouvelles pour rendre son idéal

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a^andi. Ce qui importe, c'est qne cet idéal se forme et s'épure. Or il est certain qu'il grandinisait tt>us les jours longtemps avant d'avoir réussi à s'exprimer. On voit se dessiner dans Tombre et le ^lence de la vie privée des tjpes entièremeait inconnus au monde Mitique, tels que celui de la femme chrétienne destinée à personnifier l^lus tard sur les toiles des maUres de la Benaissance la plus douce et la plus divine des vertus de TEvangile. Le drame de la vie morale, devenu plus saisissant, n'attend 4]tte les peintres immortels qui la reproduiront et enfanteront ainsi une littérature riche et variée que l'antiquité n'avait pu que pressentir. La mine d'où l'on tirera tant de trésors est ouverte, la main-d'œuvre manque seule encore.

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