LE CRBDO DES CATACOMBES
On remarque dans les catacombes un grand nombre de loculi de dimensions très-étroites : ce sont les tombes des petits enfants. L*Eglise couvre les nouveaunés de son aile. Les parents se plaisaient à rappeler les joies innocentes de leurs enfants jusque sur leurs tombes; on retrouve fréquemment, à Saint-Caliste, la représentation de leurs jouets. Sur une fresque recouvrant un de ces loculi^ on voit un enfant qui présente à un oiseau une grappe de raisin. Il jr a plus que de la grâce dans ces peintures naïves ; elles respirent un sentiment tendre et humain mêlé à la piété la plus austère. Bien n*en révèle mieux la profondeur que sa liberté^ car les prescriptions méticuleuses ressemblent aux lisières qui soutiennent une marche chancelante, peu sûre d'elle-même.
Ce n'est pas seulement Théroïsme et la tendresse du cœur chrétien qui s'expriment sur les murailles desCœmeteria^ c'est encore la pensée religieuse, la croyance de l'Eglise. A cette heure des émotions suprêmes elle jaillit du fond de l'âme brisée, dégagée de ce qui peut la surcharger dans les luttes théologiques, franche, simple, émue. Tout d'abord elle échappe aux incertitudes poignantes de l'antiquité païenne sur la vie future ; elle ne se contente ni des aspirations si élevées du premier livre de ÏEnéide, qui aboutissent aux métamorphoses pythagoriciennes, ni de l'argumentation subtile du Phédon, qui conclut par un : Peut-être. EUe n'a aucun rapport avec ce matérialisme païiin qui veut perpétuer la vie terrestre dans la mort et cherche à entourer le défunt de ses armes ou des signes de sa dignité. La catacombe