LE CREDO DES CATACOMBES
devient une seconde grotte de Joseph d'Ârimathie où le disciple du Christ ne fera que passer comme son maître, attendant lui aussi le jour où la pierre du sépulcre sera roulée. Au reste, il n*y a nulle interruption dans les relations entre la terre et le ciel. Les chrétiens parlent à leurs morts bien-aimés comme s'ils étaient près d*eux et leur souhaitent le repos éternel. La catacombe chré-» tienne nous élève bien haut au-dessus des incertitudes et des mythes confus du paganisme : elle respire la foi la plus sereine dans une immortalité bienheureuse. Ghaque pan de muraille en porte Fempreinte, témoin cette inscription constamment répétée : In pace / Parfois elle est commentée par ces mots : In Deo vivU^ ou par des symboles qui ne permettent pas Thésitation, tels que Tancre en forme de croix qui figure Tinvincible espérance chrétienne, ou la colombe de Tarche portant le rameau vert dans son bec, image de Tàme qui a abordé à Téternel rivage. On peut remarquer une triple évolution dans cette croyance à la félicité immédiate du défunt« Tout d'abord elle s'exprime par une simple affirmation : // est dans la paix^ il vit. Ensuite c'est un vœu et enfin, vers le dernier tiers du troisième siècle, c'est une prière demandant que la paix soit donnée à l'âme chérie. Le mode même de la sépulture chrétienne écarte toutes les idées de métempsy chose, si en faveur à cette époque. Il atteste le caractère indestructible de la personne humaine destinée à revivre tout entière. Yoilà la raison profonde pour laquelle l'Église, à l'exemple du judaïsme^ se refuse à la crémation des corps. Elle croit qu'en attendant le grand jour de la résurrection l'âme
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jouit de la présence de Diea dans un Ueu intermédiaire qui n*a aneone anatogie arec le purgatoire pnisqnll 8*appelle le lieu dn rafraîchissement! refrigEmm, U est sans cesse mentionné sur les tombes chrétiennes.
En ce qui concerne la doctrine chrétienue proprement dite, les catacombes nous la présentent dans ce qu'elle a de plus large ; elles nous reportent à ce Credo dit apostolique, qui n*était que le développement de la confession demandée à chaque catéchnmène au jour de son baptême. Nous en sommes encore à cette période de liberté qui précède les grands conciles et leurs décrets théologiques. La foi qui reilt dans les peintures des catacombes a précisément pour caractère de dépasser la théologie proprement dite, avec ses distinctions subtiles et son esprit systématiquOi si bien qu'il n'est pas un croyant qui, aujourd'hui même, n'y trouTe l'expression simple et populaire de sa croyance prise à la hauteur où se rejoignent toutes les lignes diyergentes. La vérité religieuse y apparaît comme un héritage encore indivis qui réunit au même foyer toute la famille chrétienne. C'est dans cet asile de la persécution que s'aiBBrme avec le plus de puissance cette large catholicité évangélique, reconnue plus ou moins par tous les grands esprits de FÉglise. Nous nous bornerons, pour rétablir, à rappeler les principaux symboles sous lesquels l'Eglise se plaisait dans les catacombes à manifester sa foi.j
Plus nous remontons aux premiers temps de la persécution, à ceux qui durent paraître les plus terribles, plus elle se croit obligée d'user d'un symbolisme misté-
U CÊMDO DBS CATAGQIIBD. 5SS
riem, doik ks iutîéft seuls ameat U clef. Il éUii, dm reste, très^ipea ooa^lliqllé et eonsislût esseBliellenieftt diBsle reprodnetioB de qudqBes tnîtseni|iniiilés à This* teire sserée, qù veeevaieni un sess {NTofond ei spécial des cJrcoBStoacea tragiques que Ton trewrsait. Ou sait le rôle que joue le poisson dans ees sjnboles. Le mot giee ^ftic ^tait pris pour uue abréTiation de la forumle saerée 'I^iemiç XpCcrxoç u(oc diou, parce qu*il cooh» prenait ks premières lettres de c4iaeun de œs mots. Le sacrement da liaptèrae était symbolisé par la pèche miracnleuse, et celui de rBucharistie par la représentar tion da repas mystique qui eut lieu, d'après le qoa* trième ÉTaagile, au bord du lac de TibiMade après U résuirection du Christ* . La controTcrse ne peut tirer aucun avantage ni dans un sens ni dans Tautre de ces fresques dont nulle explication précise ne fixe la sigaification théologique, du moins dims les premiers siècles. La palme, Fancre^ks couronnes, sont des symboles qui parlent d'eux-mêmes, comme Tanagramme qui entre* lace le nom de Jésus-Christ à la croix et qui ne prit sa forme définitive que depuis Constantin. Les principales doctrines dé TEvangile sont symbolisées par quelque scène biblique souvent traitée avec beaucoup d'art. Adam et Eve près de Tarbre fatal rappellent la déchéance ; Holse, la grande préparation de la première
J Rossi, Borna sotterranea, tom. lî, c. 18-14. Voir aoMi le Dictionnaire dTatthéoioffiê ekrûiennê 4a MarUgay. Nom n^eotrons pas id dam la discussion de rinterprétation de ces symboles. Nous remarquons seulement que \fi symbole seul est des trois premiers nôcles, le commentaire sur le* qod on s'appuie est d'aoe époque olléneore. Voir Roni, auvr. cUé^ II, tav. 15. Sur r^X^uç, Spicileg. Solemn,^ III, p. 561. N*oublions pas que tout dans ees fresques eat symboRque et ae dérobe aa réalisme.