‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 23 sur 236 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

L'ORGAlflSATIOlf DBS POUYOIBS DANS l'ÊGUSE LOCALB A LA FIN DU SECOND SIÀCLB

Noas ayons vu de quelle maDière TEglise da second siècle se recratait, quelles garanties sérieuses elle demandait de ses prosélytes. Elle formait une véritable société morale fermée à Tindifférence, à la simple piété d^habitude, detraditiou ou de famille, réclamant Fadhési<m personnelle de ses membres et soumettant ceux*^ ei au contrôle le plus séYère. L^Eglise ainsi constituée ne pouvait s'abandonner elle-même dians Torganisation de ses pouvoirs. La république chrétienne subsiste tant que le christianisme est Traimenft la chose de tous les crevants, la re^publica de TEglise^ Aussi, pendant cette périme, la constitution primitive es^elle maintenue 4aiis ses traits essentiels. La dbarge ecclésiastique conserve son caractère représentatif et ne se transforme pas ei| prêtrise. Nous devons; pourtant constater que la fonctioii d*évéque tend àse distinguer de la f onetion d'ancien, et ft la primer par une sorte d'évolution spontanée dont nous an>ns à rechercher les jcauses moljtiplear Cette iransf or-

40 MODIFICATIONS SUCCESSIVES DE Lk CHARGE ECCLÉSIASTIQUE.

niation en prépare de plus graves qui se produiront à la période suivante, mais au prix de luttes prolongées et ardentes.

§ I. — Modifications dans Vidée de la charge ecclésiastique pendant le cours du second siècle.

Il est nécessaire qu'avant de décrire Inorganisation des pouvoirs de TEglise au commencement du troisième siècle nous recherchions avec soin les influences variées et combinées qui, à la fin du second siècle, ont amené cette prépondérance de Tépiscopat entièrement étran- |[ère à Fépoqite àAtérienre. ^

-'>iRai^t)ek>iis rapidemËnt ce qu'était primitivement la chiure eceiésinstiqne tèUe que nous l'avons mobtrée dli!nB les ]nremiers volâmes de cette Mstoire *. ' Au débotv Tapiostolàt ooireéiitratous les pouvoirs, non pas à titiie de prêtrise, iaaîs comme la représenta tfon idéale de TEglise. Le taombre des apbtres rapplelte qa*ib ne seiit pas les héritiers de la tribu sacerdotale mail QD-U»' sont comme les douze patriarches d^Israêl. Sb Boht le no^rae ttrmé ^ar Jésas-Ghrii^ Ini-mémie dû nM« YËbn peiipie de Dieu> les témoins primitifs du miHmi el:^ précisément pout'ee motif, revêtus d*iiM chargé' im toanismissibl^jear tl »eftt ataoUde Ueiinpposer ((a*Hît>e«(l jr •avoîroles'i^éiiératieni^ dudcèiàîves de témoins priBait* USèi Ha nt foaverBtent point f Eglise ooiloime slls^éiiiciit revêt nsié^fitie scruvâraineté despotiqm.^tuand il ft'«git

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CAlUCliU IBFKÉSeilTAlIP M Lik OBAIIOB PRIMITIVE. 41

de tomçUAtr leur nombre h It mte de la inhisen 4» Indas, ils la ooHToqnmit tout entière et deinandeirt m» CMisenteHieiit ' . C'est après ane IUnto déUbâration à la* qeelle preBaeat part toas les chrétiens de Jémsalem qa*îls décident la question si.grayeet si délicate des relations des Sglises issues da paganisme avec les chrétiens d'origine joiye ^. Les 'diverses charges ecdésias-^ tiques sont créées, non par une institation directe à k manière da sacerdoce mosaïque, mais selon les besoins de TEglise,. avec sa ratification et son libre choix. Elles se détachent de l'apostolat comme les rameaux d'un ar* iHre puissant, nourris de sa sève et grandissatit sous le même souffle de liberté. Gemme lui, ces charges ont le caractère représentatif, sans aucun mélange d'idée sa* cerdotale. C'est ainsi que le dia^nat primitif des sept chrétiens hellénisles prooède, non d^ine institution so^ lenoellei mais d'une circonstance oiebasionnelle pour éviter les froissements causés par une certaine inégaUté dans la distribution des dons de l'Eglise entre les dis* aîples d'origine différente. La charge nouvelle est agréée de rfiglîse et elle-même choisit ceux qui en sont revè*tm'. Ainsi en est^il de la charge d'anden eu d'évoqué^ car les deux désignations dont entièrement «ynonymes^ cMme nous Tavons surabondamment prouvé^. Elle a éigfaleMent à:<sa base l'élection populaires tout aussi luea nue te diaconat proprement dit^ voué au soin

» w., vi, «-6.

* /rf., XX, J7-Î8. Tite I, 5.

' XctpoTOVi^^avTeç icpe^âuxépouç xax' ixxXv)a(av. <AflKei XIV» t%)

If LA GÉAR6E N'EST POINT UN SACERDOCE.

des paoTres et aa servlee dn culte plus spécialement qne ne rayaient été les sept chrétiens mis à part à Jérusalem anx premiers joars de FEglise. Ces charges sont empruntées non pas au temple mais à la synagogue qui n*aTait rien de sacerdotal, et dont Forganisation trèssimple se prétait parfaitement aux nécessités de la nouvelle société religieuse. Qu'on n'oublie pas que tant que le temple subsiste, les chrétiens issus du judaïsme obserrent la loi mosaïque et acceptent par conséquent le «aoerdoce juif. H s'ensuit que le caractère de la prêtrise est incompatible avec les charges nouYcUes qu*ils ont créées. L'abondance extraordinaire des dons mkaca* leux au siècle apostolique contribue aussi pour sa part è diminuer l'importance de la charge ecclésiastique et à effacer toute ligne de démarcation tranchée entre le peuple chrétien et ses anciens ou évéques. L'inspiration est semblable h un torrent qui ne connaît pas de rivages en sortant de la montagne et qui ne trouyera que plus bas dans la plaine les larges rives entre les* quelles il s'enfermera. L'esprit divin qui brise les formes ordinaires du langage dans cette parole extatique qui s'appelle le don des langues ne s'astreint à aucune organisation. Il souffle où il veut, les prophètes suf^ fissent de tous les rangs. Le don d'enseigner n'est point iexdusif aux anciens; il en est même qui en sont dé*pourvus, puisque l'apôtre Paul prend soin de sigdèfler ceux qui le possèdent \ Tout chrétien a le droit 4e M fiiire entendre dans les assemblées de culte *• En ré-

* 1 Tim. y, il. Ephés. IV, 11. ^

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