‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 24 sur 236 · IMPLUKMGE DE LA RUINE DU TEMPLE SDR LA. CHARGE · texte numérisé non relu

IMPLUKMGE DE LA RUINE DU TEMPLE SDR LA. CHARGE

saméy les charges ecclésiastiques au siècle apcstoligoe B^ont rien qui ressemble à ane organisation sacerdotale et hiérarchiqoe. Ifées des nécessités de TEglise à mesure qtf^elles se manifestent, ces chairs qoi ont nn caractère représentatif sont des ministères ponr la Mrvir et non ane prêtrise pour la dominer. II est naturel qa*elles prennent plus d*importance à la période sui- Tante, après la disparition du dernier des apôtres, et dors que les dons surnaturels diminuent ou plutôt se produisent sous une forme moins miraculeuse par une pénétration plus intime de la nature elle-même.

La destruction du temple et de la rille sainte, qui équivalait au renversement de toutes les institutions juddques, contraignit la partie de FEglise qui leur était demeurée fidèle en quelque mesure en se conformant aux prescriptions du concile de Jérusalem à ne plus chercher un point d*appui en dehors d*elle. Il n'y eut plui» pour elle de sacerdoce ; la charge ecclésiastique dut suffire à elle seule aux besoins religieux qui avaient cherché leur satisfaction dans les institutions du passé. Sans admettre avec un illustre théologien qu'à la suite de la destruction du temple il j ait eu comme un second eoncile de Jérusalem, dans lequel Torganisation de TEglise aurait reçu des apôtres des formes plus arrêtées 4it presque épiscopales^ on doit reconnaître que les '<^i^es prirent dès lors une importance nouvelle. Déjà on peut s'en aperceyotr par ce qui ressort des écrits de

. i Voir ma réfutatioB 4e V^iypot^iÂw, dç Rqthe fondée sur un P!a99age âfi 'dément de Rome. {BUtoire des trois premiers siècles de VEgiise^ VoU XL

M QCfATRS CAQSE$ DES TRANSFORMATIONS DE LA GHAAGE.

Mint Jean sur Tétai, des Eglises tws la fia du premier «iècle. lïoas avons consacré une étude attentive k ia péxiode qui s'étend de cette date jusque rapparition des puissants docteurs du second siècle. Dans ceUe espèce dUnterrègne des grands géaies religieux, bien des gaines funestes sont déposés dans le sol sans qu*on s* en aperçoive immédiatement. La moisson d'erreurs apparat- Cra à répoque suivante, et quand les défenseurs et les représentants deTantique liberté de TEglise élèveront la voix pour protester, ce sera trop tard, Tatmosphëre religieuse aura été transformée peu à peu, et les idées sar cerdotales et hiérarchiques n'auront plus qu'à se formuler. L^ influences qui ont amené ce changement fatal sont, de natures diverses, il en est même qui tiennent aux plus pures gloires de l'Eglise des martyrs. Nous les avons énumérées déjà, mais comme elles prennent une force nouvelle à mesure que nous avançons dans le second siècle, il est utile de les rappeler en constatant leurs ra{)ides développem^ts et leurs modifications.

Nous avions ramené à quatre causes principales les •déviaticms que nous avions signalées dans l'organi^atiim tecclésiastique : l** l'accroissement prodigieux de l'Eglise^ qui 7 introduisait Aècessairement des éléments hétâro^ gènes', 2^ la persécution qui an^^mentait l'autorité de des léyéquesi comaoïe on voit à la gàon^e grandir l'aseeftdaiiit •des chefs; 3** l'hérésie qui tantèt la groupait plus uAie et plus compacte autour >de ses pasteurs par l'efiroi qu'elle en ressentait, tantôt agissait indirectement sur elle ëh la ramenant à Une notion judaïque du ponvoir ecclésiastique; 4^ enfin une déviation progressive dseia

i* L'AOCBOISSBIKNT PROIHGIEUX DE L'ÉGLISE. I»

pureté de la foi qni substituait qh certain légalisme à la grande doctrine de Paol snr la justification, mère de tontes les libertés et fondement de Fégalité reUgiense. H n*est pas une de ces caoses qui ne devienne pins puissante dans le cours du second siècle. La mission chrétienne ne cesse d^étendre son réseau sur tous les points de Fempire; la propagande de la uouyelle Eglise prend des proportions inouïes et recrute les prosélytes par milliers, surtout dans les grands cen« très delà civilisation. Même dans ces temps où la pro* fession de la foi nouvelle pouvait coûter si cher, Feu* tralnement avait sa part à côté des convictions sérieuses et réfléchies. L*ème humaine était dévorée d'un grand ennui et se jetait volontiers vers les nouveautés en tous genres. Il se trouvait souvent que le christianisme était adopté pour les mêmes motifs qui précipitaient en foule les initiés dans les sanctuaires orieutaui.

Quand la persécution un instant assoupie se ranimait, on 8*apercevait au grand nombre des défoctions subites combien Fivraie s'était mêlée au pur froment ; le crible sanglant faisait promptement le partage. Il n*en demeure pas moins que, dans les temps plus calmes, malgré toutes les précautions prises par TEglise pour défendre sa porte contre Finvasion des multitudes non converties, elle comptait bien des adhésions qui, nées peut-être d'une émotion sincère, ne lui apportaient pas cette foi éprouvée et éclairée dans laquelle les empiétements de Fautorité ecclésiastique trouvent leur plus sérieux obstacle^

La perséoation, à son tomr, pousse la société reli*

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giease dans la même direction. La dispersion périlleuse à laqaelle elle est condamnée loi fait chercher son centre d* unité auprès de ses chefs spirituels ; elle se groupe autour d*eux par Finstinct du danger. Or on sait combien la persécution a été constante dans tout le second siècle. Plus terrible peut-être au siècle suivant, elle eut alors de longues intermittences qui permettent aux chrétiens de respirer. L'Eglise de Justin Martyr et dlrénée ne connaît jamais la sécurité. Elle est constamment dans une situation violente; elle traverse une de ces crises qui, dans Tancienne Bome, enfantaient les dictatures. En outre, la persécution donne à la discipline ecclésiastique une importance toute nouvelle. La question de la réintégration des apostats commence à se poser, le tribunal de la pénitence tendra bientôt à se confondre avec la chaire épiscopale, ce n'est qu'à la période suivante que cette transformation si grave sera achevée, mais elle est déjà en voie de se produire.

Le second siècle est l'époque des grandes hérésies. Nous avons essayé d'expliquer le charme étrange qu'exerçaient sur ce temps avide de symboles et de merveilleux la métaphysique subtile, la poésie morbide de la gnose qui avait le grand avantage de ressusciter sous des formes chrétiennes et d'envelopper du voile d'allé-» gories bibliques l'antique naturalisme, ce fonds réel de tous les paganismes. Le gnosticisme, grâce à ses innombrables modifications, se conformait à tous les degrés de culture ; doctrine sublime en apparence pour les rafSnés de la science, fable attrayante pour les femmes, il4(Hinût cette suprême, sat^sfactioa au oœur hunupn

de le dKipcMcr de i«<acci àhà^méa^ et à aonorgmcû^ en lid oCnst le saint par le jeàne et raseétisiiie, c^eslà-dire fÊTsmtftafxe eCnt. n est c^tain que les Taleii* tin, les Barilidôs ^ les Ihrckm ont niis TEglise en se* nenz. pml etFont, par là Bêmey lang^ plus dodlement 80HS la boulette de ses pasteois.

L^bérésîe n^halûtait pas tOQJoors ces cimes nuageuses de la gnose; elle se foisait pins accessible sous sa forme judaisante qpii parfois était encore mêlée de spéculation orientale et dualiste, car les mélanges les plus hybrides étaient possibles dans cette époque de syncrétisme uni* TerseL Le judéo-christianisme du second siècle est fort différent de celui du premier, qui n'était qu'une tentatiTe grossière de rattacher TEglise à la synagogue et de la maintenir sous le joug de la loi et du rituel lévitique. Tout ensemble plus subtil et moins net, pénétré qu'il est des éléments théosophiques dont Tair est saturé, il est essentiellement autoritaire, il tend à reconstituer, sinon le sacerdoce, du moins cette autorité ecclésiastique qui parlait de si haut dans la chaire de Moïse au temps du Christ. Nous avons une preuve frappante de cette influence de rhérésie judaisante sur la formation de répiscopat monarchique dans le singulier roman philosophique des C/^m^n^tne^, qui remonte à Tan 180\ Nous n'avons pas à relever ses doctrines particulières déjk soflSsamment exposées. Nous ne nous attachons qu'à ce qui concerne rorganisation de FEglise. La conclusion de Tbomélie troisième est très^remarquable à cet égard.

^ Voir tolome V de mon HUtoirelA note de la page lift.

4ê L'HÉRÉSIE DEVANCE L*É6LISB DANS LE SAGERDOTALISME.

Ii*apôtre Pierre esl ao moment de qaitter la Tille de Gé« sarée pour continuer ses Toy âges missionnaires. L'Eglise qu*il laisse derrière lui ne doit pas être. sans directear spirituel. Ce directeur spirituel qu'il désigne sous le nom d'évèque, sera son remplaçant en toutes choses, son successeur, du moins à Gésarée. « Puisqu'il est nécessaire, dit-il, que nous établissions un homme qui prenne ma place, demandons à Dieu qu'il montre qud est le plus excellent d'entre nous, capable de s'asseoir dans la chaire du Christ et d'administrer son Eglise ^. » On Toit que, d'après les Clémentines^ l'éyéque est le successeur des apôtres, le yicaire du Christ. Dans wêl autre passage, non moins remarquable, il est nette^ ment distingué de l'ancien, qui doit lui être tout i fait subordonné, car il représente Jésus -Christ ; l'B* glise doit lui demeurcir unie comme à son divin Maître. « Que l'évêque soit écouté en tout premier ordre comme le chef. Que les anciens prennent soin que ses ordres soient obéis, et que les diacres surveillent la vie extérieure et morale des frères pour en rendre compte k l'évêque ^. » Sa mission est de commander^ celle des autres chrétiens d'obéir, car il est le vicaire du Christ \ L'Eglise doit constituer une véritable monarchie ponr être bien réglée. C'est par la monarchie que Dieu a donné la paix an monde. Le même principe produira

* 'Eicsl o5v BeT xiva ôpfaûit àvt* è^AcO Tbv èfJLbv ivaxXtjpouVtjr T^Tcov. .. Tva iicl tf^i; Xfcorov v^bi^aç xaOeoOel; v^ ahoi èKxXY)ar(av 6&ars6G)ç o{xovo[x^. (Clément, Homii., III, 60.)

• Upb TCdcvTWV 6 èic((JXOxoç ûç àp^wv. {Id,, III, 67.)

' '0 icpoxaOeCdfjiicyQç Xpiotou %&KOi %e%ùn&ixca. {IdU^ lU, 66.) -

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