‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 231 sur 236 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Résomons en quelques traits rapides cette histoire de la pins étonnante des réyolutions humaines. Né dans la bassesse et rignominie, comme une chose perdue dans un coin ignoré du monde, le christianisme, dont les premières destinées s'accomplissent entre une étable et une croix, commence son œuvre immense, n'ayant, comme le dit un de ses premiers apôtres, ni or ni argent, à la fois pauTre et proscrit. C'est alors, tout près de son obscur et sanglant berceau, qu'il réalise son idéal. Il y eut une époque où vraiment l'Esprit régna sur la terre. Peu importe que ce fût dans une misérable chambre haute de Jérusalem, dans quelque maison ignorée d'Ëphèse ou de Corinthe, ou dans un sombre cachot à Rome. La religion qu'attendaient tous les cœurs altérés de Dieu avait vraiment paru sur la terre, répondant à toutes les aspirations meilleures de l'humanité qui avait bien été capable de la pressentir, mais non de l'enfanter. Cette religion savait à la fois consoler et affraa-

BCiR CONCLUSION.

chir, donner avec le pardon divin uoe vie nouvelle et pure, mettre fin à toutes les servitudes du passé, animer l'existence entière d'un même souffle d'amour et de sainteté. EUu ne se contentait pas de renouveler l'individu, elle fondait une société morale qu'elle dégageait des liens de l'Etat païen comme de ceux de la théocratie juive, sociiSté des âmes croyantes qui reposait sur une foi commune, et fondait sur cette foi lu grande égalité du sacerdoce universel, tout en organisant ses pouvoirs de manière à unir l'ordre avec la liberté. Elle ne vit que du Christ. Enflammée d'un amour ardent et pur pour le Crucifié, elle ne connaît pas d'autre nom pour sauver le monde, et s'attache à recueillir et à conserver ses paroles; son souvenir est son meilleur trésor, et elle se sent animée et fortifiée de son vivant Esprit. Sauffriret mourir pour lui est à ses yeux une félicité et une gloire. Guidée par ses apôtres gui sont avant tout les témoins du Maître, elle reproduit tous les traits de son image; elle le fait revivre sur la terre qu'elle arrose de son sang pour y continuer son œuvre d'affranchissement et de relèvement universel, sans douter un instant que les nations auxquelles elle est envoyée ne lui aient été données)

Cette spiritualité hardie ne pouvait toujours durer. Quand le dernier des apôtres fut mort à Ephëse, il en fut du christianisme comme de cette première émanation divine de la gnose orientale, qui devient de plus en plus

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